TikTok peut-il être poursuivi et condamné en France pour la promotion du suicide auprès des adolescents ?

TikTok peut-il être poursuivi et condamné en France pour la promotion du suicide auprès des adolescents ?

Seize familles ont déposé plainte contre TikTok, accusant le réseau social de tirer parti de la « vulnérabilité des mineurs » en les rendant addicts à des « contenus morbides » pour « maximiser leur temps » sur la plateforme. Cette initiative a été lancée par le collectif Algos Victima, qui souhaite que l’enquête en cours à Paris soit étendue pour inclure la responsabilité de TikTok dans le mal-être des adolescents.

La plainte, révélée par Franceinfo, dénonce les « prisons mentales » créées par « la machine TikTok », comme l’a affirmé leur avocate, Laure Boutron-Marmion. Elle a rapporté avoir reçu des alertes de parents, dont l’un a signalé que sa fille, hospitalisée, avait regardé des vidéos TikTok sur des méthodes de suicide.

L’avocate souligne que TikTok utilise un « mélange de défilement continu et de recommandations personnalisées » qui pourrait enfermer les mineurs dans une spirale de mal-être. Une procédure civile est déjà en cours à Créteil, tandis que des enquêtes pénales ont été ouvertes à Paris suite à un signalement du député Arthur Delaporte.

En septembre 2025, une commission TikTok a conclu que la plateforme offrait un « océan de contenus néfastes », y compris de la violence sous toutes ses formes. Le parquet de Paris a depuis ouvert une enquête pour propagande de moyens de se donner la mort.

Amnesty International a également signalé en octobre 2025 que les jeunes utilisateurs sont souvent entraînés dans un « rabbit hole », passant de contenus sur le mal-être à ceux sur la dépression et le suicide. L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).

Avec cette plainte, les familles cherchent à mettre en lumière le délit d’abus de faiblesse, qui n’est pas encore pris en compte dans l’enquête. Elles affirment que les adolescents sont exposés à des contenus morbides sans les avoir cherché, et que cela dégrade leur santé mentale.

TikTok a rejeté ces accusations, affirmant disposer d’outils de modération pour protéger les jeunes utilisateurs. La première plainte en Europe visant TikTok pour incitation au suicide date de septembre 2023.

Des précédents aux États-Unis montrent que des plateformes comme Meta ont été condamnées pour avoir exposé des mineurs à des contenus nuisibles, ce qui pourrait influencer l’issue des enquêtes en cours en France.

Source : Franceinfo, Télérama.

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