
La dissuasion de plain-pied dans le « troisième âge nucléaire »
Alors que tous les secteurs militaires sont touchés par l’augmentation des conflits de haute intensité depuis 2022, la dissuasion nucléaire fait face à des bouleversements géostratégiques significatifs. Cette situation s’inscrit dans le cadre de ce que la politologue française Thérèse Delpech avait anticipé dans son ouvrage posthume La Dissuasion nucléaire au XXIe siècle (éd. Odile Jacob, 2013), désignant cette ère comme le « troisième âge nucléaire ».
Le « premier âge nucléaire » a été marqué par les événements tragiques d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945. Ce fut suivi par un « deuxième âge nucléaire », qui a débuté après la chute du mur de Berlin en 1989, période durant laquelle les politiques de désarmement et de réduction des arsenaux ont prédominé. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une ère que Delpech qualifie de « piraterie stratégique », caractérisée par une « absence de règle », une « tromperie » omniprésente, et surtout, une « difficulté à entretenir des stratégies efficaces de dissuasion ».
Cette évolution souligne la complexité croissante des relations internationales et la nécessité d’adapter les stratégies de défense aux nouvelles réalités du contexte mondial.
Source : Le Monde






