
Forte mobilisation contre le projet du restaurant beach-club sur le motu Horea
Raiatea, le 10 mai 2026 – Samedi, près de 300 personnes se sont rassemblées tout au long de la journée sur le motu Horea, face à Tehurui, sur la côte ouest de Raiatea, pour exprimer leur opposition à un projet de restaurant qui suscite des débats sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Cette mobilisation marque le début d’une occupation qui pourrait engendrer de longues batailles juridiques.
Lorsque 10 % d’une population se mobilise, cela soulève des questions. Avec environ 300 participants et plus de 200 signatures récoltées sur une pétition, la mobilisation autour du motu Horea a été significative. Les manifestants, munis de glacières et de ukulélés, sont venus à titre personnel ou en tant que représentants d’associations et d’Églises.
Le projet controversé concerne un futur restaurant « beach club » haut de gamme qui occuperait l’intégralité du motu, avec des annexes et des fare pote’e le long du rivage. Porté par la SAS Te Rai-Atea, le projet a été accordé par l’ancienne municipalité de Tumara’a, dont dépendent les communes de Tevaitoa et Tehurui, et dont les habitants utilisent le motu à des fins récréatives. La population craint de perdre un des rares espaces de loisirs locaux, ce qui explique la levée de boucliers.
L’affaire remonte à mai 2024, lorsque le conseil municipal de l’ancien maire Cyril Tetuanui a voté en faveur du bail, avec une seule voix contre, celle du maire actuel Gérard Goltz. Le motu Horea, d’une superficie de 11 000 m², a été attribué à la SAS Te Rai-Atea pour une durée de 20 ans à un tarif de 13,6 francs le mètre carré, un loyer jugé très bas par des agents immobiliers locaux qui estiment qu’un tel terrain coûterait normalement environ 2 millions de francs par mois.
En juillet, la demande de permis de construire a été soumise à la Direction de la construction et de l’aménagement. Le projet a été présenté à la population fin août 2024, suscitant rapidement des critiques sur l’absence de consultation préalable. Les opposants dénoncent une « privatisation déguisée » et l’absence d’informations sur la gestion du projet.
Les représentants de l’ancienne municipalité affirment que la consultation de la population n’était pas obligatoire, car le motu appartient au domaine privé de la commune. Cependant, cette position soulève des interrogations sur la légitimité de la décision, d’autant plus que la question de la nature publique ou privée du motu n’est pas clairement tranchée.
Les opposants prévoient de multiplier les actions pour entraver légalement le projet, notamment en examinant des motifs liés à la gestion des risques ou à des préoccupations environnementales. Le projet a déjà connu des revers juridiques, avec une première demande d’annulation de la délibération municipale rejetée en 2024.
Source : Article original du 10 mai 2026.





