Starmer lutte pour sa survie alors que son chef de cabinet démissionne suite au scandale Mandelson

Starmer en péril après la démission de son chef de cabinet suite au scandale Mandelson

Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait face à une crise politique majeure après la démission de son chef de cabinet, Morgan McSweeney, survenue dimanche. Cette démission survient dans un contexte de tensions croissantes liées aux liens entre Peter Mandelson et le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, menaçant de compromettre le mandat de Starmer, seulement 18 mois après la victoire du Parti travailliste aux élections générales.

McSweeney a déclaré qu’il assumait « l’entière responsabilité » d’avoir conseillé à Starmer de nommer Mandelson ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis en décembre 2024. Dans un communiqué, il a affirmé : « La décision de nommer Peter Mandelson n’était pas la bonne. Il a porté atteinte à notre parti, à notre pays et à la confiance dans la politique elle-même. » McSweeney, stratège clé derrière le succès électoral du Labour en 2024, était un proche conseiller de Starmer depuis 2020.

Son départ fragilise davantage la position de Starmer alors que des voix s’élèvent dans l’opposition pour demander sa démission et que des députés travaillistes s’interrogent sur sa capacité à poursuivre son mandat.

Les nouveaux éléments sur Epstein exacerbent la crise

La situation a été aggravée par la publication par le ministère américain de la Justice de 3 millions de pages de documents liés à Epstein, révélant des détails compromettants sur la relation entre Mandelson et le financier. Ces documents incluent des courriels suggérant que Mandelson a partagé des informations gouvernementales sensibles avec Epstein en 2009, alors qu’il était ministre des affaires sous le gouvernement de Gordon Brown.

Des informations font également état de paiements présumés de 75 000 dollars (environ 63 200 euros) effectués par Epstein sur des comptes associés à Mandelson entre 2003 et 2004. Deux propriétés liées à Mandelson ont été perquisitionnées par la police métropolitaine dans le cadre d’une enquête sur une éventuelle faute professionnelle dans la fonction publique.

Mandelson, bien qu’aucunement arrêté ou inculpé, a exprimé des regrets par l’intermédiaire de ses avocats concernant ses liens avec Epstein. Starmer, qui avait nommé Mandelson malgré la connaissance de ses contacts avec Epstein, a présenté ses excuses aux victimes, promettant de rendre publics les documents relatifs à la vérification des antécédents de Mandelson.

L’opposition en embuscade

Le chef du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a qualifié la position de Starmer d’ »intenable » et l’a appelé à assumer la responsabilité de cette nomination. D’autres, comme le leader de Reform UK, Nigel Farage, prédisent que Starmer ne survivra pas aux élections locales de mai. Le cabinet d’analyse politique Eurasia Group a estimé à 80 % la probabilité que Starmer soit démis de ses fonctions cette année.

Alors que des députés travaillistes s’interrogent sur l’avenir de Starmer, celui-ci fait face à des défis économiques et sociaux persistants, ayant échoué à répondre aux attentes de croissance et de réformes des services publics. Dans les enquêtes d’opinion, le Parti travailliste est souvent devancé par le parti de droite Reform UK.

La démission de Morgan McSweeney constitue le dernier revers pour un Premier ministre qui avait initialement obtenu l’une des plus grandes majorités parlementaires de l’histoire moderne du Royaume-Uni. Dans le système parlementaire britannique, un Premier ministre peut être remplacé sans élections générales, ce qui pourrait conduire à un changement de leadership au sein du Parti travailliste si Starmer devait être récusé ou démissionner.

Source : Euronews

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