Le conseil d’État a rendu début mars une décision défavorable à la famille missionnaire Notre-Dame, mettant un coup d’arrêt supplémentaire au projet de complexe religieux à Saint-Pierre-de-Colombier. Le chantier est toujours suspendu, mais la congrégation religieuse n’abandonne pas.

Le conseil d’État, plus haute instance de justice administrative du pays, a rejeté dans une décision du 11 mars 2026 une requête de la congrégation religieuse « Famille missionnaire Notre-Dame » (FMND*), qui espère toujours construire à Saint-Pierre-de-Colombier, sur la montagne ardéchoise, un grand complexe religieux comprenant une église de plus de 3.000 places, un parking, des logements pour pèlerins.

* La FMND et son père supérieur ont été condamnés pour abus de faiblesse par le tribunal correctionnel de Privas. Ils ont fait appel.

Dans sa décision, le conseil d’État confirme le statut d’espèce protégée au Réséda de Jacquin, une plante à fleurs blanches présente en grande quantité sur le lieu que la FMND souhaite bétonner. La préfecture de l’Ardèche a suspendu le chantier en mars 2024 à cause de la présence de cette plante.

La décision a été saluée par les opposants au projet, à commencer par Pierrot Pantel, écologue, chargé de mission juridique à l’association nationale de la biodiversité (ANB). « C’est pas tous les quatre matins qu’une congrégation demande à déclasser une espèce protéger pour pouvoir la saccager. Avec cette décision, le conseil d’État reconnaît la nécessité de l’espèce et sa vulnérabilité, ça va être compliqué maintenant de dire à la FMND « c’est bon vous pouvez tout dévaster » « .

La famille missionnaire toujours déterminée

Sur place, à Saint-Pierre-de-Colombier, l’association pour l’avenir de la vallée de la Bourges se bat depuis des années contre le projet. Florence Delahaye se dit « très contente » de la décision du conseil d’État. « Elle renforce la protection du Réséda de Jacquin. Maintenant pour construire il faut une dérogation pour détruire une espèce protégée, ce que seuls les projets d’intérêts publics peuvent avoir. Mais on n’a pas gagné, la FMND va tout faire pour y arriver ».

Si la FMND ne s’exprime pas directement, nous avons pu joindre un de ses avocats. Il est tout à fait clair que la congrégation religieuse ne compte pas abandonner ce chantier. En effet, un autre recours devant le tribunal administratif de Lyon est en attente de décision. La FMND y conteste l’arrêté de suspension des travaux pris par la préfecture de l’Ardèche en 2024, notamment en argumentant que même si la plante est protégée le chantier peut se faire en préservant certaines zones.

Chronologie des faits

  • 2018 : la Famille missionnaire Notre-Dame dépose le dossier pour la construction d’une église de 3.500 places avec deux clochers de 50 mètres de haut, d’un lieu d’accueil pour les pèlerins, d’un parking, d’une passerelle par dessus la rivière.
  • Décembre 2018 : Le permis de construire est accordé par la mairie
  • Août 2019 : premières manifestations d’opposants sur le site. Le parc Naturel des Monts d’Ardèche s’inquiète.
  • Été 2020 : formation d’une ZAD sur le site, 11 personnes interpellées. Les travaux sont suspendus pour apaisement.
  • Septembre 2020 : Le ministère de la Transition écologique suspend l’autorisation de chantier, selon lui l’étude environnementale n’est pas suffisante.
  • Décembre 2020 : Recours en référé de la famille missionnaire : rejeté par le tribunal administratif en février 2021.
  • 2021 : Le Vatican refuse le projet d’Eglise mais autorise le projet de lieu d’accueil de pèlerins (pas de valeur juridique en France)
  • Avril 2022 : dépôt de l’étude environnementale en préfecture
  • Novembre 2022 : La préfecture de l’Ardèche autorise la famille missionnaire à reprendre les travaux, en évitant le printemps et l’été pour préserver faune et flore.
  • Janvier 2023 : Nouvelles manifestations d’opposants, le préfet assume sa décision
  • Février 2023 : Le Tribunal administratif rejette le recours des opposants contre la reprise du chantier
  • Octobre 2023 : Reprise du chantier, les militants s’enchaînent à une pelleteuse.
  • Novembre 2023 : Le tribunal judiciaire de Privas suspend le chantier en référé, demande l’évaluation de la présence de Réséda de Jacquin sur le site.
  • Février 2024 : La Cour d’Appel de Nîmes casse la décision du tribunal de Privas, le chantier peut reprendre.
  • Mars 2024 : la préfecture suspend les travaux jusqu’à ce qu’une demande de dérogation espèce protégée soit déposée et accordée ou qu’une étude environnementale complémentaire démontre l’absence d’impact sur le Résada de Jacquin. Décision attaquée au tribunal administratif de Lyon.
  • Août 2024 : la famille missionnaire écrit au Ministère de la transition écologique et demande le déclassement du Réséda de Jacquin en tant qu’espèce protégée. Pas de réponse du ministère, ce qui vaut refus. La famille missionnaire saisit le conseil d’État.
  • Mars 2026 : le conseil d’État rejette le recours de la famille missionnaire et confirme que « l’Ardèche abrite la majeure partie des populations mondiales de Réséda de Jacquin », espèce « fragilisée » notamment par les sécheresses.

Saint-Pierre-de-Colombier : Quand la foi s’attaque à la flore

Le conseil d’État a décidé de mettre un coup d’arrêt à un projet religieux pharaonique, mais la Famille missionnaire Notre-Dame n’a pas dit son dernier mot.

En mars 2026, le conseil d’État, la plus haute instance de justice administrative en France, a rendu une décision qui pourrait faire trembler les fondations de la Famille missionnaire Notre-Dame (FMND). Le projet de complexe religieux à Saint-Pierre-de-Colombier, qui promettait une église de 3.000 places, un parking et des logements pour pèlerins, a été suspendu. La raison ? Une plante protégée, le Réséda de Jacquin, qui semble avoir plus de poids que les prières de la congrégation.

Ce qui se passe réellement

Le conseil d’État a rejeté la requête de la FMND, confirmant que le chantier est suspendu à cause de la présence de cette espèce protégée. La préfecture de l’Ardèche a également suspendu les travaux, mettant un frein à l’ardeur missionnaire de la congrégation. En effet, la FMND, déjà condamnée pour abus de faiblesse, semble vouloir poursuivre son projet, malgré les obstacles.

Pourquoi cela dérange

La situation soulève des questions sur la priorité donnée à un projet religieux face à la protection de la biodiversité. La FMND, qui espérait bétonner un coin de nature pour y ériger un monument à la gloire de la foi, doit maintenant faire face à la réalité : la nature a ses droits, et ils sont plus solides que les promesses de construction.

Ce que cela implique concrètement

La décision du conseil d’État renforce la protection du Réséda de Jacquin, rendant toute construction dans la zone beaucoup plus compliquée. Pour la FMND, cela signifie que chaque coup de pioche devra être justifié par un intérêt public, ce qui semble être un défi de taille pour un projet religieux.

Lecture satirique

Ironiquement, la FMND, qui prêche la foi et la dévotion, se retrouve à devoir négocier avec une plante. On pourrait presque croire que la nature, avec ses petites fleurs blanches, a plus de pouvoir que les promesses divines. Les discours politiques sur la nécessité de préserver l’environnement prennent ici tout leur sens, tandis que la FMND se débat dans un océan de contradictions.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où des projets de grande envergure sont souvent imposés au détriment de l’environnement et des droits des populations. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la nature est souvent sacrifiée sur l’autel du développement. À Saint-Pierre-de-Colombier, la résistance d’une plante pourrait bien être le symbole d’une lutte plus vaste.

À quoi s’attendre

La FMND ne semble pas prête à abandonner son projet. Un autre recours est déjà en attente devant le tribunal administratif de Lyon, où la congrégation conteste l’arrêté de suspension des travaux. Les prochaines étapes de cette saga pourraient bien déterminer l’avenir de la biodiversité face à la foi.

Sources

Source : www.francebleu.fr

Projet d'église géante en Ardèche : le conseil d'État rejette un recours, le chantier reste suspendu
Visuel — Source : www.francebleu.fr
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