Selon Eric Dor, plusieurs raisons expliquent que les banques belges, en particulier les plus grandes, n’augmentent pas autant les taux d’intérêt sur l’épargne que dans les pays voisins.

Une première raison est structurelle. « C’est que la Belgique est un pays où les banques prêtent essentiellement à taux fixe« , explique Eric Dor. On parle ici des crédits hypothécaires auxquels les Belges souscrivent. Ce que la banque gagne d’un côté grâce aux intérêts perçus sur des prêts hypothécaires conclus à des taux bas il y a quelques années ne suffit pas, d’un autre côté, pour rémunérer plus largement les livrets d’épargne. « Le fait que les prêts soient accordés à taux fixe fait qu’il faut toujours du temps avant que le rendement du portefeuille de prêts d’une banque belge s’améliore« , explique Eric Dor.

Concrètement, en Belgique, vous avez quatre grandes banques qui ont l’essentiel du marché

Des banques implantées dans des pays où l’on emprunte davantage à taux variables auraient plus de marge de manœuvre pour mieux rémunérer l’épargne. Cependant, « nos voisins français prêtent aussi à taux fixe, et pas plus cher qu’en Belgique, sur les prêts immobiliers, mais peuvent néanmoins, contraints par la loi d’ailleurs, offrir des taux d’intérêt sur les dépôts d’épargne bien supérieurs à ce qu’offrent les banques belges« , relève Eric Dor.

Une deuxième raison, c’est le manque de concurrence en Belgique. « Concrètement, en Belgique, vous avez quatre grandes banques qui ont l’essentiel du marché« , note Eric Dor. « Ces quatre grands acteurs se surveillent mutuellement et n’ont pas tellement intérêt à augmenter les taux chacun en espérant gagner des parts de marché, parce que chaque banque concernée sait que si elle le fait, les trois autres suivront. Et donc, finalement, tout le monde payera plus sans avoir gagné des parts de marché« , explique l’expert.

L’épargnant belge standard est très passif. Il ne regarde pas trop les meilleures opportunités qu’il pourrait avoir

Une troisième raison est à aller chercher dans le comportement des épargnants belges. « L’épargnant belge standard est très passif. Il ne regarde pas trop les meilleures opportunités qu’il pourrait avoir« , estime Eric Dor. « Il n’y a qu’un petit segment d’épargnants dynamiques qui, eux, sont prêts à changer de banque pour aller chercher des meilleures conditions. Et les banques ont compris ça. Et donc, elles ne se concurrencent pas sur les comptes d’épargne réglementés« , analyse Eric Dor.

D’ailleurs, les principales banques l’ont bien compris. Elles ont ainsi plutôt tendance à adapter les taux d’intérêt sur les produits d’épargne de niche qui visent des épargnants plus dynamiques plutôt que sur les comptes d’épargne de base. On a pu l’observer en 2023 lorsque, pour stimuler les banques, le gouvernement De Croo et le ministre des Finances Van Peteghem ont lancé un bon d’Etat attractif assorti de conditions fiscales avantageuses. Cela n’a pas particulièrement poussé les banques à relever le niveau des taux d’intérêt sur les livrets d’épargne. C’est plutôt vers les comptes à terme, pour lesquels elles ont offert de bonnes conditions, que les banques ont cherché à réorienter les épargnants.

Les banques belges : un mystère à taux fixe dans un monde à taux variable

Les banques belges, champions de la stagnation, semblent avoir oublié que l’épargne mérite mieux qu’un traitement de faveur. Pendant ce temps, nos voisins s’enrichissent à vue d’œil.

En matière d’épargne, la Belgique semble jouer dans une autre ligue, celle où les taux d’intérêt sont aussi fixes que les prêts hypothécaires qu’elle accorde. Eric Dor, expert en la matière, nous éclaire sur ce phénomène aussi fascinant qu’inquiétant. Pourquoi les banques belges n’augmentent-elles pas leurs taux d’intérêt sur l’épargne comme leurs homologues européens ? La réponse, comme souvent, se cache derrière un ensemble de raisons structurelles et comportementales.

Ce qui se passe réellement

Selon Eric Dor, la première raison est structurelle. La Belgique est un pays où les banques prêtent essentiellement à taux fixe. Cela signifie que les intérêts perçus sur des crédits hypothécaires à taux bas ne suffisent pas à rémunérer les livrets d’épargne. En d’autres termes, les banques belges sont coincées dans un cycle où le rendement de leurs prêts met du temps à s’améliorer.

Concrètement, en Belgique, vous avez quatre grandes banques qui ont l’essentiel du marché.

Ensuite, le manque de concurrence joue un rôle crucial. Ces quatre grandes banques se surveillent mutuellement, préférant maintenir le statu quo plutôt que d’augmenter les taux d’intérêt et risquer de voir leurs profits fondre comme neige au soleil. Comme le souligne Dor, chaque banque sait que si l’une d’elles augmente ses taux, les autres suivront, et au final, personne ne gagnera de parts de marché.

L’épargnant belge standard est très passif. Il ne regarde pas trop les meilleures opportunités qu’il pourrait avoir.

Enfin, le comportement des épargnants belges est un facteur déterminant. La majorité des épargnants se montrent passifs, peu enclins à explorer d’autres options. Seul un petit segment d’épargnants dynamiques est prêt à changer de banque pour obtenir de meilleures conditions, ce qui incite les banques à ne pas se concurrencer sur les comptes d’épargne réglementés. En 2023, même un bon d’État attractif n’a pas réussi à inciter les banques à relever leurs taux d’intérêt sur les livrets d’épargne.

Pourquoi cela dérange

Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle met en lumière une incohérence flagrante : alors que les banques belges se complaisent dans leur confort, nos voisins français, soumis aux mêmes conditions de prêt, parviennent à offrir des taux d’intérêt sur les dépôts bien supérieurs. Cela soulève des questions sur la compétitivité et l’efficacité du secteur bancaire belge.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : les épargnants belges voient leur pouvoir d’achat s’éroder face à l’inflation, tandis que les banques continuent de s’enrichir sans offrir de réelles compensations. Cette stagnation des taux d’intérêt sur l’épargne est un signal alarmant pour l’économie belge, qui pourrait se retrouver à la traîne si cette situation perdure.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que dans un pays où l’on prône la compétitivité, les banques semblent avoir trouvé un accord tacite pour ne pas se marcher sur les pieds. Pendant ce temps, les épargnants, tels des moutons, continuent de faire confiance à un système qui les laisse sur le carreau. Promesses de taux d’intérêt revus à la hausse ? Un doux rêve, alors que la réalité est bien plus prosaïque.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires qui étouffent la concurrence et la transparence. Aux États-Unis ou en Russie, les discours politiques promettent monts et merveilles, mais la réalité est souvent bien différente. Les banques belges, en s’enfermant dans leur bulle, semblent suivre cette tendance à l’aveuglement.

À quoi s’attendre

Si cette tendance se poursuit, les épargnants belges pourraient bien être contraints de chercher des solutions alternatives pour protéger leur épargne. Les banques, quant à elles, devront tôt ou tard faire face à une réalité où la passivité des épargnants ne sera plus une option.

Sources

Source : www.rtbf.be

En raison de l'inflation, les banques se dirigent-elles vers une hausse des taux d’intérêt sur les comptes d'épargne ?
Visuel — Source : www.rtbf.be
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