
Prison : 5 chiffres pour comprendre le malaise dans l’administration pénitentiaire
Table des matières
Des actions de blocage ont eu lieu ce lundi 27 avril dans divers centres pénitentiaires en France. Selon le ministère de la Justice, « 22 % des établissements » étaient bloqués en fin de matinée. Cette mobilisation a été conduite suite à l’appel de l’Ufap-Unsa, un syndicat de surveillants pénitentiaires, rejoint par la CGT-Pénitentiaire et la SPS-CEA, qui réclament des mesures d’urgence pour lutter contre la surpopulation carcérale et les sous-effectifs du personnel pénitentiaire.
137,5 % de remplissage carcéral
D’après les derniers chiffres officiels publiés le 1er mars, le taux d’occupation global des prisons françaises était de 137,5 %. La maison d’arrêt la plus surpeuplée est celle de La Roche-sur-Yon (Vendée), avec un taux d’occupation de 294 % à la fin de 2025. Avec 87 126 détenus pour 63 500 places, la France est l’un des pays européens les plus touchés par la surpopulation carcérale, seulement dépassée par la Slovénie et Chypre.
4 000 postes vacants
L’Ufap-Unsa dénonce une vacance de 4 000 postes parmi les postes existants et demande la création de 1 000 postes supplémentaires. Le syndicat souligne qu’« aucune politique sérieuse de création de postes n’a été engagée depuis quatre ans » et appelle à un plan immédiat pour résorber les emplois vacants.
200 nouveaux détenus par semaine
Selon les données de l’administration pénitentiaire, près de 150 000 personnes passent par la prison en France chaque année. En 2026, le nombre total de personnes incarcérées est supérieur de 28 000 à celui de 2020, avec une moyenne de 200 nouveaux détenus ajoutés chaque semaine. La barre des 90 000 prisonniers pourrait être franchie avant la fin de l’année.
+ 28 % de temps de détention en dix ans
Le quantum moyen des peines fermes prononcées a augmenté de 28 % au cours de la dernière décennie, passant de huit mois à dix mois et demi. Cette tendance s’explique par une aggravation structurelle des faits jugés par les tribunaux et une sévérité accrue des magistrats.
1 500 places modulaires promises d’ici 2027
Le ministère de la Justice prévoit l’ouverture de 3 000 places de prisons sous forme de places modulaires, dont la moitié doit être livrée d’ici 2027. Ces installations sont conçues pour accueillir des détenus effectuant des courtes peines ou en semi-liberté, afin de répondre à l’engorgement des établissements pénitentiaires.
Ces chiffres révèlent une situation préoccupante au sein de l’administration pénitentiaire française, marquée par une surpopulation chronique et des conditions de travail difficiles pour le personnel.
Source : Ministère de la Justice




