Première étude sur la survie des personnes atteintes de cancer en Martinique (2008-2018)
Une étude récente, fondée sur les données du Registre général des cancers de la Martinique, a analysé la survie des patients atteints de cancer entre 2008 et 2018. Cette recherche porte sur dix localisations de cancer parmi les plus fréquentes et d’intérêt territorial, fournissant des estimations de survie à un et cinq ans après le diagnostic, en fonction de l’âge et du sexe. Les résultats révèlent des disparités significatives par rapport aux données nationales de la France hexagonale.
Les cancers étudiés incluent l’ensemble « lèvre-bouche-pharynx », l’œsophage, l’estomac, le côlon, le rectum, le poumon, la prostate, le sein, le corps et le col de l’utérus, ainsi que les myélomes multiples. Les résultats montrent une variabilité de la survie selon la localisation, avec des estimations parfois inférieures à celles observées en métropole.
Les cancers de la prostate affichent un pronostic favorable, avec une survie nette standardisée (SNS) à cinq ans de 95 %, supérieure à la moyenne de 93 % observée en France hexagonale. En revanche, pour d’autres localisations comme le cancer de l’œsophage, la survie à cinq ans est de seulement 3 %, bien en dessous des moyennes hexagonales.
Cette étude souligne également que la survie diminue avec l’âge au moment du diagnostic, un phénomène observé pour plusieurs types de cancer. Par exemple, la survie nette à cinq ans pour le cancer du col de l’utérus est de 62 % pour les patients diagnostiqués à 50 ans, mais tombe à 52 % pour ceux diagnostiqués à 70 ans.
Des facteurs socio-économiques et de santé influencent également ces résultats. En Martinique, la prévalence de maladies chroniques, comme le diabète et l’hypertension, est plus élevée que dans l’Hexagone, ce qui peut affecter la survie des patients atteints de cancer. En 2021, la prévalence du diabète auto-déclaré était de 11,5 % parmi la population adulte, soit le double de celle observée en métropole.
La lutte contre les cancers en Martinique nécessite une mobilisation des acteurs sanitaires locaux et une adaptation des politiques de santé. La stratégie décennale de lutte contre les cancers prévoit des mesures spécifiques pour les territoires ultramarins, visant à améliorer le dépistage, l’accès aux soins et à réduire les inégalités en matière de santé.
Cette étude constitue ainsi une référence pour les acteurs de la santé en Martinique dans l’élaboration de stratégies adaptées à la réalité locale.
Source : Santé publique France, Registre général des cancers de la Martinique



