
Bayonne : La Modélisation 3D des Postes Militaires Oubliés
Un projet de modélisation numérique permet de redécouvrir des postes militaires stratégiques disparus de Bayonne, érigés au XIXe siècle. Ce travail, réalisé par Jérôme Ibarzo, ancien ingénieur matériaux devenu dessinateur architectural, permet aux visiteurs de visualiser ces ouvrages qui n’ont laissé aucune trace visible aujourd’hui.
Derrière les remblais, des soldats sont représentés en position d’alerte, canons pointés vers la route d’Espagne. « Il faut imaginer que l’ouvrage barrait totalement l’ancienne nationale 10 », précise Ibarzo. Le 18 mai prochain, il présentera ses découvertes lors d’une conférence virtuelle.
Depuis 2020, Ibarzo se consacre à l’étude des bâtiments du patrimoine défensif bayonnais, tels que remparts et forts. En 2022, il rejoint la Société des sciences lettres et arts (SSLA) de Bayonne et l’association Bayonne centre ancien pour approfondir ses recherches.
Parmi les archives militaires qu’il consulte, un plan daté de 1813 a récemment retenu son attention. Ce dessin montre des fortifications construites avec l’aide de l’architecte militaire Vauban au XVIIe siècle, ainsi que d’autres ouvrages formant une ceinture autour des remparts de la ville.
Remparts Obsolètes
« Ces postes avancés étaient des sortes de redoutes qui permettaient de repousser l’assaillant de beaucoup plus loin », explique Ibarzo. Ces constructions, conçues pour abriter une centaine de soldats, se trouvaient dans plusieurs quartiers de Bayonne, notamment le Beyris et Marracq.
Au XIXe siècle, les avancées en artillerie rendaient les remparts obsolètes, la portée des canons passant de 500 à 5 000 mètres en moins d’un siècle. Ces nouvelles constructions visaient à positionner les canons plus loin pour mieux protéger la ville.
Après avoir comparé divers documents historiques, Ibarzo s’est rendu sur les sites des anciens postes. Malheureusement, il n’y a pas de vestiges visibles, les constructions modernes ayant remplacé les anciennes fortifications.
Néanmoins, des indices subsistent, comme certaines routes dont le tracé évoque les anciens ouvrages. Par exemple, l’avenue du Docteur-Gaudel reliait autrefois deux forts. Le rond-point de la Pièce-Noyée, quant à lui, aurait pris son nom d’une redoute qui contrôlait l’accès à la citadelle Vauban.
Ces ouvrages, bien qu’ils aient existé, ont été rapidement abandonnés au début du XXe siècle, les conflits militaires se déplaçant vers d’autres régions. Les résultats de cette recherche seront présentés lors de la conférence, ainsi que sur le site Internet de Jérôme Ibarzo.
Source : Sud Ouest



