
Pourquoi les femmes sont-elles obsédées par le true crime ?
Le public des contenus true crime, qu’il s’agisse de podcasts ou de vidéos sur YouTube, est majoritairement féminin. De nombreuses femmes incarnent ce phénomène sur des plateformes comme TikTok et Instagram, alors même que les criminels sont principalement des hommes. Le documentaire Curiosité morbide, disponible sur France TV, met en lumière cette fascination troublante et interroge ses origines.
La vidéaste Liv, suivie par plus d’un million d’abonnés sur YouTube, soulève une question essentielle : « Peut-on faire du true crime de manière éthique ? » Dans son documentaire, elle explore la manière dont les femmes se sont approprié ce genre, allant jusqu’à animer des enquêtes macabres. Sur TikTok, des créatrices partagent des récits de faits divers souvent sensationnalistes. Ce phénomène n’est pas nouveau ; des auteures comme Agatha Christie et Mary Higgins Clark ont déjà dominé le genre littéraire.
Le true crime semble particulièrement attrayant pour les femmes, malgré le fait que la majorité des victimes dans ces récits sont également des femmes. Cette curiosité pourrait être perçue comme une forme de masochisme, mais des études suggèrent qu’elle est davantage liée à une volonté de comprendre et de se préparer à d’éventuelles situations dangereuses. En analysant les chronologies des crimes et la psychologie des criminels, les femmes pourraient en tirer des leçons sur les comportements à éviter, agissant ainsi comme un guide de survie face à des rencontres potentiellement menaçantes.
Des événements comme le Crime and Wine aux États-Unis illustrent cette dynamique. Ces rassemblements permettent aux participantes de débattre de grandes affaires criminelles tout en partageant un moment convivial, similaire à un club de lecture. L’audience est souvent majoritairement féminine, ce qui remet en question les stéréotypes traditionnels autour du genre.
Une étude menée par l’Université de Boston révèle que les femmes s’identifient davantage aux victimes de true crime que les hommes, développant une empathie plus forte mais aussi un besoin de prendre du recul face à la douleur que ces récits peuvent susciter. La rédactrice en chef d’un magazine de true crime, Julia Davis, explique que ce genre permet aux femmes de faire face à leurs peurs, en leur offrant une compréhension des circonstances entourant la violence.
Cependant, la popularité croissante du true crime soulève des questions éthiques. La médiatisation de ces affaires peut parfois les transformer en spectacles, où les meurtriers deviennent des figures de la culture populaire, comme en témoignent des événements récents où des déguisements de tueurs célèbres sont devenus des tendances.
Ainsi, le true crime est à la fois un espace d’exploration des peurs et des angoisses féminines, tout en soulevant des problématiques éthiques sur la représentation des victimes. Les créatrices et consommatrices de ce contenu semblent en quête d’une forme d’engagement, cherchant à donner une voix aux victimes et à leur accorder la visibilité qui leur a été volée.
Source : France TV






