
Piéger et tuer les animaux sauvages ne réduit pas les dommages agricoles
Chaque année, plus d’un million d’animaux sauvages, tels que les renards, fouines, corneilles et corbeaux freux, sont éliminés en France par tir ou piégeage sous prétexte de protéger les activités agricoles. Toutefois, une nouvelle étude publiée dans la revue Biological Conservation remet en question l’efficacité de ces pratiques. Selon cette recherche, intensifier les destructions ne permet pas de réduire les dégâts agricoles, tandis qu’arrêter ces destructions n’entraîne pas d’augmentation des pertes.
En France, neuf espèces considérées comme susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) sont réglementées, permettant leur destruction sans limitation de nombre, même en dehors des périodes de chasse. Bien que plusieurs centaines de milliers de ces animaux soient tués chaque année, l’efficacité de ces mesures pour réduire les pertes est de plus en plus contestée. Des études, comme celle menée dans le Doubs, montrent que la destruction des renards n’entraîne pas une baisse des attaques sur les élevages de volailles, suggérant que des méthodes de protection des poulaillers seraient plus efficaces.
L’analyse des données officielles de 2015 à 2022 montre qu’il n’existe aucun lien entre le nombre d’animaux tués et les pertes économiques de l’année suivante. En effet, tuer davantage d’animaux ne diminue pas les pertes, et inversement. De plus, le coût de ces destructions peut être jusqu’à huit fois supérieur aux montants des dégâts qu’elles sont censées justifier.
Ces résultats sont corroborés par d’autres recherches menées en Europe, qui montrent que la destruction des ESOD ne permet pas de réguler leurs populations ni de réduire les dommages aux activités humaines. Un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement en 2024 souligne que la réglementation française sur les ESOD est unique et sans équivalent chez nos voisins, qui privilégient des solutions d’indemnisation plutôt que la destruction.
Les organisations France Nature Environnement, Humanité et Biodiversité et la LPO appellent le gouvernement à réformer cette réglementation jugée obsolète et inefficace, en favorisant des méthodes de prévention et des alternatives au piégeage.
Source : Communiqué commun FNE, Humanité & Biodiversité, LPO






