Retour sur la Lune : pourquoi la Nasa joue gros avec SpaceX et Blue Origin

Retour sur la Lune : enjeux cruciaux pour la NASA avec SpaceX et Blue Origin

Après le retour de l’équipage d’Artemis II de son voyage historique autour de la Lune, la question se pose : quand des astronautes poseront-ils à nouveau le pied sur le sol lunaire ? Les calendriers initiaux de la NASA prévoyaient déjà un retour depuis au moins deux ans, mais les délais se sont considérablement allongés.

Le retour de l’Homme sur la Lune n’est plus une question de « si », mais de « quand » et surtout de « comment ». La NASA a adopté une approche plus réaliste en structurant les missions en étapes progressives, mais la pression sur SpaceX et Blue Origin reste forte.

Une feuille de route révisée

Récemment, la NASA a été contrainte de revoir ses ambitions à la baisse, repoussant une fois de plus son retour. Sous l’impulsion de Jared Isaacman, le nouveau patron de l’agence, la feuille de route lunaire a été remaniée. Les objectifs d’Artemis III, initialement prévu pour se poser sur la Lune, sont maintenant révisés en une mission de test en orbite terrestre fin 2027, déplaçant le premier alunissage depuis Apollo 17 à la fin 2028 avec Artemis IV. Cette méthode s’inspire d’Apollo 9 en 1969, qui a servi de répétition avant le premier pas sur la Lune.

Pour réaliser ces objectifs, SpaceX et Blue Origin doivent surmonter des défis technologiques considérables dans un délai très serré.

Compétition entre géants

La NASA a besoin d’un atterrisseur lunaire pour mener à bien Artemis III. Bien que SpaceX ait été désigné pour se poser sur la Lune « en premier » avec son Starship lunaire, la NASA n’exclut pas d’utiliser le Blue Moon de Blue Origin si celui-ci est également prêt. Jared Isaacman a clairement indiqué que l’agence volera avec l’atterrisseur prêt en premier, officialisant ainsi la compétition entre les deux entreprises. Les 18 prochains mois seront déterminants.

Différences d’approche technologique

SpaceX, sélectionné par la NASA en 2021, mise sur la puissance et la polyvalence avec son Starship HLS, conçu pour être réutilisable et capable d’emporter des charges lourdes vers la Lune. Cependant, cela implique de résoudre des défis techniques sans précédent, notamment le ravitaillement orbital.

Blue Origin, de son côté, adopte une approche plus progressive avec son Blue Moon, construisant sa crédibilité par étapes. L’entreprise prévoit d’abord un atterrisseur cargo sans équipage, suivi d’un système habité. Cette méthode, bien que plus lente, pourrait s’avérer plus solide sur le long terme.

Progrès et défis

Actuellement, SpaceX a franchi 49 étapes majeures de développement, incluant des tests de systèmes de support de vie lunaire et des démonstrations de démarrage à froid des moteurs Raptor. Cependant, des obstacles majeurs subsistent, notamment le ravitaillement orbital, qui n’a jamais été démontré à cette échelle.

De même, Blue Origin doit surmonter des défis, notamment une anomalie détectée sur son lanceur New Glenn, qui compromet l’ensemble du programme Blue Moon.

Enjeux géostratégiques

Le retour sur la Lune intervient dans un contexte géopolitique complexe. L’ordre mondial, marqué par l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, est en pleine mutation, avec des puissances émergentes qui contestent le leadership américain. L’espace, et particulièrement la Lune, redevient un terrain d’affrontement indirect entre grandes puissances, où se jouent prestige et accès aux ressources.

Les 18 mois à venir seront cruciaux pour déterminer qui, entre SpaceX et Blue Origin, sera prêt à conquérir la Lune.

Source : Futura Sciences

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