Violences conjugales :

Violences conjugales : « L’alcool ? L’excuse toute trouvée »

Le constat judiciaire est sans appel : de nombreux auteurs de violences conjugales attribuent leurs actes à l’alcool consommé avant ou pendant les faits. « Je n’étais pas moi-même, j’avais bu », affirment-ils souvent. Face à cette situation, les juges, bien que conscients de cette stratégie de défense, tentent de démêler les problématiques de la violence, de la masculinité et de l’alcool au sein des tribunaux. Ils cherchent à utiliser les outils judiciaires pour traiter l’abus d’alcool en marge des violences, surtout lorsque cette consommation excessive semble avoir contribué au passage à l’acte.

Dans un cas récent, des voisin·es ont alerté la police après avoir entendu des cris dans la rue pendant plusieurs dizaines de minutes. À 3h50 du matin, une patrouille est intervenue et a interpellé un homme et une jeune femme, qui ont expliqué s’être disputé·es avant de perdre leurs clés de voiture. L’homme, sous l’influence de l’alcool selon le procès-verbal de la police, a minimisé les événements en déclarant : « Rien d’autre ne s’est produit. »

Un témoin a rapporté avoir vu l’homme pousser la jeune femme et donner des coups de pied dans le vide. Ce dernier, pressé, n’a pas laissé ses coordonnées. De plus, une vidéo de 22 secondes a été fournie par un voisin, démontrant l’agressivité de l’homme envers la jeune femme. Dans cette vidéo, il l’insulte et l’attrape par les cheveux, tandis qu’elle tente de se défendre.

Cet incident a eu lieu en juillet 2025. Deux mois et demi plus tard, l’homme a été jugé par la 66e chambre du tribunal de première instance francophone de Bruxelles, spécialisée en violences intrafamiliales. Le ministère public l’a poursuivi pour coups volontaires, avec la circonstance aggravante d’avoir commis les faits sur une personne mineure. Bien que la jeune fille n’ait pas porté plainte, ses déclarations à la police ont révélé qu’elle était « juste un peu écorchée au coude », et qu’elle entretenait une relation ambiguë avec le prévenu, ami de longue date et cohabitant.

Pour rendre sa décision, la juge Sophie Morel s’est basée sur le procès-verbal et les déclarations recueillies par la police. Ce cas met en lumière la complexité des situations de violences conjugales, où l’alcool est souvent cité comme un facteur atténuant, mais qui soulève des questions éthiques et judiciaires cruciales.

Source : Axelle Magazine

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