Sel, bois, canons : la Loire au cœur du commerce et de la Marine royale

Sel, bois, canons : la Loire au cœur du commerce et de la Marine royale

Longtemps considérée comme une artère économique essentielle, la Loire a été le principal axe de transport de sel, de vin, de bois et de matériaux jusqu’à l’émergence du chemin de fer. Cette mémoire fluviale est encore vivante, portée par des passionnés tels que Jean-François Raffestin, Jean-Philippe Vanlauwe et Pierrick Coroller.

La Loire transporte les richesses du royaume

Avant l’arrivée du rail, la Loire constituait un moteur économique vital pour le centre de la France. Jean-François Raffestin souligne que le fleuve traversait le cœur du pays, facilitant le transport de matériaux et de marchandises vers des villes comme Orléans, Paris ou les châteaux ligériens. Le trafic fluvial se concentrait principalement sur le sel, le vin, le blé et les matériaux de construction, avec des ardoises provenant d’Angers et du bois des monts du Forez.

Cependant, le transport sur la Loire était complexe. Les mariniers, sans moteur, dépendaient du vent et des courants, rendant parfois les trajets très longs. La remontée du fleuve pouvait prendre plusieurs mois. De plus, l’utilisation de chevaux, courante sur d’autres fleuves comme le Rhône, était limitée en raison des bancs de sable, obligeant les équipages à changer fréquemment de rive. Jean-Philippe Vanlauwe décrit la Loire comme un « fleuve d’hommes », loin de l’image paisible que l’on peut avoir aujourd’hui.

Les bateaux alimentent la Marine royale

La Loire a également joué un rôle stratégique pour la Marine royale. Des milliers de chênes centenaires étaient transportés vers Nantes pour la construction de navires militaires. Pour un vaisseau de 74 canons, environ 2 800 chênes et plusieurs dizaines de pins étaient nécessaires pour les mâts. Le fer, transformé à Cosne-sur-Loire, était utilisé pour fabriquer ancres, chaînes et boulets de canon. Une épave découverte près de Langeais témoigne de ce passé industriel, un bateau chargé de boulets ayant sombré en 1792.

L’arrivée des bateaux à vapeur a marqué une évolution significative, avec des modèles comme les « Inexplosibles », dotés de moteurs plus sûrs, encore visibles à Orléans. Toutefois, le véritable tournant est survenu avec l’essor du train. L’ouverture des lignes Paris-Orléans et Orléans-Tours a entraîné un déclin rapide de la navigation commerciale sur la Loire, le rail offrant une régularité que le fleuve, soumis aux caprices des saisons, ne pouvait garantir.

Source : ici.fr

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