Comment mesure-t-on la force d’un séisme ?

Comment mesure-t-on la force d’un séisme ?

Le séisme survenu le 20 avril au nord du Japon, d’une magnitude de 7,4, soulève des interrogations sur la manière d’évaluer l’importance d’un tremblement de terre. Deux notions essentielles permettent cette évaluation : la magnitude et l’intensité.

La magnitude

La magnitude est une valeur sans unité qui caractérise chaque séisme de manière unique. Contrairement à l’intensité, qui varie selon l’emplacement, la magnitude quantifie l’énergie libérée lors d’une rupture entre deux plaques tectoniques. Cette énergie se propage sous forme d’ondes sismiques pouvant parcourir des centaines de kilomètres à des vitesses proches de 1 km/s.

Initialement, l’échelle de Richter, développée en 1935 par le sismologue américain Charles Richter, mesurait l’amplitude des ondes sismiques. Cependant, cette méthode a été remplacée dans les années 1960 par une échelle plus précise basée sur le moment sismique, qui prend en compte la surface de rupture, le déplacement entre les plaques et les propriétés physiques du site. Ce moment sismique, noté M₀, s’exprime en newton-mètre (Nm).

Pour garantir une continuité entre l’échelle de Richter et cette nouvelle méthode, les scientifiques ont ajusté le moment sismique afin que les magnitudes mesurées soient comparables pour les séismes habituels. Par exemple, un séisme de magnitude 7 implique une rupture de 50 kilomètres avec un déplacement d’environ un mètre, sur une durée d’environ quinze secondes.

L’intensité

L’intensité, quant à elle, mesure les effets d’un séisme à la surface, variant selon les lieux. Elle se quantifie notamment sur l’échelle de Mercalli, qui décrit les conséquences sur les bâtiments et les infrastructures. Cette échelle va de I (secousses non ressenties) à XII (destruction quasi totale des infrastructures).

Des événements passés illustrent cette distinction. Le séisme d’Agadir en 1960, bien que de magnitude 5,9, a causé des dégâts considérables, avec 12 000 morts et 25 000 blessés. En revanche, le tremblement de terre de 2023, d’une magnitude de 6,8, a eu un épicentre éloigné de zones densément peuplées, ce qui a limité les dégâts.

Conséquences

La compréhension de la magnitude et de l’intensité d’un séisme est cruciale pour évaluer les risques et la réponse nécessaire. Par exemple, le séisme au large de la péninsule russe du Kamtchatka a atteint une intensité de VIII, entraînant des alertes pour des vagues de 1 à 3 mètres dans le Pacifique.

Cette distinction entre magnitude et intensité est essentielle pour les autorités en matière de prévention et de gestion des catastrophes.

Source : Le Monde.

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