Chez les jeunes Français, un usage grandissant de ChatGPT pour régler leurs problèmes
Les jeunes ont confiance en l'IA, certains la voyant comme un confident, voire un psy.

Les jeunes ont confiance en l’IA, certains la voyant comme un confident, voire un psy.  elenabs / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images 

Près de la moitié des jeunes Français de 11 à 25 ans qui recourent à l’intelligence artificielle (IA) utilisent les agents conversationnels (Chat GPT, Copilot AI et Gemini) pour régler leurs problèmes « intimes et personnels », selon une enquête publiée par le groupe mutualiste VYV et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), réalisée dans quatre pays européens.

Cette étude Ipsos BVA s’est basée sur les réponses obtenues entre le 9 et le 26 janvier 2026 auprès de 3.800 jeunes âgés de 11 à 25 ans, en France (1.000), en Allemagne (1.000), en Suède (1.000) et en Irlande (800). L’échantillon, prélevé selon la méthode des quotas, est « représentatif de la population de cette tranche d’âge dans chaque pays ».

Si l’IA est principalement utilisée à des fins scolaires ou professionnelles, elle devient aussi un outil privilégié pour faire face à des difficultés personnelles et de santé mentale, surtout parmi les jeunes ayant des troubles anxieux, selon cette étude.

Parmi les répondants français, 86% déclarent utiliser régulièrement des outils d’IA. Ce chiffre atteint 94% chez les 17-18 ans et 93% chez les 19-20 ans. Parmi cette cohorte, 48% affirment recourir aux agents conversationnels pour parler de leurs difficultés « intimes et personnelles ».

Plus spécifiquement, 33% des jeunes utilisateurs se servent de l’IA pour « recevoir des conseils face au stress » et/ou pour des « problèmes avec les proches ». De plus, 32% déclarent utiliser l’IA lorsqu’ils se « sentent tristes, en colère ou pas bien dans leur tête » et 26% pour « gérer des conflits ».

Ces usages sont réguliers, car « près d’un tiers des jeunes Français l’utilisent au moins une fois par semaine pour discuter de leur vie personnelle et demander des conseils ».

Cette utilisation est plus fréquente et variée chez les jeunes présentant des signes d’anxiété. Pour ceux ayant un seuil d’anxiété de 10 et plus (sur l’échelle de dépistage GAD-7), le pourcentage d’utilisation de l’IA pour aborder des sujets intimes et personnels atteint 68%.

Parmi les raisons évoquées, on note la « disponibilité » des agents conversationnels, la « facilité à leur parler » et leur « absence de jugement ».

Psy ou confident

L’étude révèle également un « très haut niveau de confiance » des jeunes dans la capacité des agents conversationnels à gérer leurs problèmes personnels. Trois sur cinq les considèrent comme un « conseiller de vie ou un confident », et près d’un sur deux (46%) les voient comme un « psy ».

Les personnes souffrant d’anxiété (seuil supérieur à 10) croient majoritairement aux effets bénéfiques de l’IA. Par exemple, 64% estiment que ces outils peuvent les « aider à se sentir mieux », 49% les qualifient « d’attachants », et 44% pensent qu’ils peuvent « comprendre les émotions humaines ».

Les jeunes ayant un suivi psychologique reconnaissent aussi l’intérêt des outils d’IA. Ils sont 42% à affirmer qu’ils « comprennent les émotions humaines » et 49% à penser qu’ils sont « plus intelligents que les humains ».

À la demande d’Emmanuel Macron, le ministère du numérique et de l’intelligence artificielle a annoncé, fin février, le lancement d’une commission d’experts sur les risques de l’intelligence artificielle générative. Cette commission, coprésidée par des professeurs de psychiatrie et des chercheurs en IA, se penchera sur les risques liés à l’utilisation des outils d’IA générative, notamment des agents conversationnels. Un rapport est attendu pour mai.

D’après une dépêche publiée dans APMnews le 6 mai 2026.

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