Après plus d’un demi-siècle, les astronomes percent les secrets d’une étoile mystérieuse

Après plus d’un demi-siècle, les astronomes percent les secrets de Gamma Cassiopeiae

Découverte au début du XXe siècle, l’étoile Gamma Cassiopeiae a longtemps posé des énigmes aux astronomes. Aujourd’hui, des recherches approfondies permettent de mieux comprendre son fonctionnement, révélant des aspects insoupçonnés de la dynamique des astres.

Observer une étoile peut sembler banal en astronomie, mais Gamma Cassiopeiae, située dans la constellation de Cassiopée, a captivé l’attention des chercheurs pendant plus de cinquante ans. Également connue sous le nom de Navi, cette étoile est visible toute l’année et a été étudiée pour la première fois par l’astronome italien Angelo Secchi, qui a identifié des raies brillantes dans son spectre, un phénomène atypique.

L’énigme de Gamma Cassiopeiae a commencé à se déchiffrer en 1931, lorsque l’astronome Otto Struve a proposé que les émissions inhabituelles proviennent d’un disque de matière entourant l’étoile, un disque de décrétion, alimenté par de la matière éjectée plutôt qu’un disque d’accrétion. Cela a conduit à la classification de Gamma Cass comme prototype des étoiles de type « Be », qui émettent de la matière.

Cependant, en 1976, des observations par le satellite SAS-3 ont révélé des émissions de rayons X d’une intensité et d’une variabilité sans précédent, remettant en question la représentativité de Gamma Cas au sein de sa catégorie. Ces émissions, atteignant des températures estimées à 150 millions de degrés, sont bien plus intenses que celles des autres étoiles massives.

Au cours des dernières décennies, des télescopes spatiaux tels que Chandra et XMM-Newton ont identifié d’autres étoiles similaires, avec environ 10 % des étoiles Be les plus massives présentant des caractéristiques analogues. Deux hypothèses ont été avancées pour expliquer ces émissions : elles pourraient résulter d’interactions entre l’étoile et son disque ou provenir d’un compagnon stellaire.

Le satellite XRISM, lancé fin 2023 par l’Agence spatiale japonaise, a permis d’affiner les mesures des émissions X de Gamma Cas. Les résultats indiquent que ces émissions suivent le mouvement d’un compagnon stellaire, confirmant ainsi des théories sur les interactions dans les systèmes binaires d’étoiles.

Bien que des avancées significatives aient été réalisées, des questions demeurent. Les modèles prédisaient que les naines blanches devaient être nombreuses et associées aux étoiles Be, mais les observations actuelles montrent une fraction plus modeste de 10 %, principalement chez des étoiles de masse élevée. Cela indique que la compréhension des interactions dans les systèmes binaires nécessite encore des recherches approfondies.

Source : La Conversation.

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