
Proxité : Quand un mentor change le regard des jeunes sur leur avenir
Dans un parc situé derrière les locaux de l’association Proxité, Sarah Magniez, chargée de parrainage, accompagne près de 160 binômes mentor·mentoré. À seulement 25 ans, elle travaille avec des collégiens, lycéens, étudiants et jeunes en recherche d’emploi. Son objectif est clair : « aider ces jeunes à ne pas se censurer et à croire qu’ils peuvent viser plus haut que ce qu’on leur a parfois laissé entrevoir ».
Fondée en 2002 à Saint-Denis, Proxité est désormais présente dans une trentaine de villes françaises, avec environ 50 antennes. En 2023, plus de 2 300 jeunes issus de quartiers prioritaires ont bénéficié de l’accompagnement d’un mentor bénévole. À Rennes, l’antenne, créée en 2017, s’est rapidement développée, répondant à des besoins croissants en matière d’orientation et de confiance.
Le fonctionnement du programme est simple : un jeune, un mentor, avec des rendez-vous hebdomadaires ou bihebdomadaires. Cette relation interpersonnelle permet aux bénévoles de partager leurs expériences et d’enseigner des compétences souvent absentes chez les jeunes qu’ils accompagnent. Les mentors, issus de divers horizons professionnels, découvrent à leur tour les réalités des jeunes éloignés des réseaux.
L’un des principaux défis auxquels ces jeunes font face est l’autocensure. Beaucoup ne connaissent pas les différentes professions, ce qui crée un fossé entre l’école et le monde professionnel. Sarah Magniez souligne que certains jeunes, bien que moins à l’aise en classe, s’épanouissent lors des entretiens individuels, montrant ainsi leur persévérance.
Le mentorat a un impact positif au-delà du simple binôme. Les jeunes, en se sentant valorisés, développent une posture plus confiante, qui influence leur comportement en classe et dans leur vie familiale. Le programme ne supprime pas les obstacles, mais il aide les jeunes à mieux les gérer.
Les entreprises jouent également un rôle crucial dans cette dynamique. Sarah Magniez insiste sur l’importance pour ces structures d’ouvrir leurs portes et d’accueillir des jeunes. Beaucoup d’adolescents perçoivent les grandes entreprises comme inaccessibles, et le mentor devient alors un intermédiaire essentiel.
Face aux évolutions rapides du marché du travail, Proxité s’efforce de répondre aux inquiétudes des jeunes en multipliant les partenariats avec des associations et des structures d’orientation. L’objectif est d’élargir le champ des opportunités et de faciliter l’insertion professionnelle.
Sarah Magniez se montre optimiste quant à l’avenir des jeunes qu’elle accompagne. Selon elle, il est nécessaire d’augmenter la sensibilisation et de favoriser les rencontres pour reconnecter la société.
Source : Proxité




