L'Odyssée du Buhara (3/4) : La forteresse

Verdict sévère pour les jeunes hommes du Buhara : déportation au bagne de Remscheid-Lüttringhausen

Les juges militaires allemands qui ont conduit le procès des jeunes hommes du Buhara ont rendu un verdict d’une extrême sévérité. À l’issue des cinq jours de leur procès, fin mars 1941, devant la cour martiale installée à Saint-Lô, les 15 jeunes hommes qui s’étaient embarqués sur le Buhara prennent connaissance du verdict : la peine de mort pour deux d’entre eux, les travaux forcés à perpétuité pour les autres, exception faite du plus jeune, âgé de seize ans, condamné à sept ans de travaux forcés. La clémence demandée par leur avocat a été rejetée, le commandement militaire allemand souhaitant dissuader toute tentative de résistance. À l’énoncé des peines, les 15 hommes sont restés impassibles.

Les 12 Français sont ensuite transférés dans un bagne situé à Remscheid-Lüttringhausen, dans l’ouest de l’Allemagne, à 40 km de Düsseldorf. Ce bagne, conçu pour 500 détenus, abrite alors un millier d’hommes, principalement des prisonniers politiques allemands, belges et néerlandais, ainsi que des détenus de droit commun. Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles, avec une atmosphère hostile.

Louis Delabruyère, l’un des jeunes hommes, rapporte avoir été agressé dès son arrivée. Il réagit en se défendant, ce qui lui vaut huit jours de cachot. Ce passage en isolement lui permet de gagner le respect de ses camarades et des gardiens, qui lui laissent ensuite la paix.

En octobre 1941, alors qu’il travaille à l’atelier de fabrication de paillassons, Delabruyère exprime son désir de changer de tâche. Il est finalement affecté à l’atelier de menuiserie, grâce à l’intervention de prisonniers politiques influents. Pendant ce temps, des membres de la Résistance française diffusent des tracts relatant son histoire et celle de ses camarades, titrés « La glorieuse histoire du Buhara ».

En raison de son refus de divulguer des informations sur ses camarades, Delabruyère subit six mois d’isolement dans une cellule sombre et humide. Cependant, grâce à ses compétences en langue allemande, il finit par devenir l’assistant de l’intendant de la prison, améliorant ainsi sa situation.

Cet épisode du podcast L’Odyssée du Buhara, réalisé par Fanny Beaurel, journaliste à ICI Armorique, s’appuie sur des archives rares et met en lumière la détermination de ces jeunes hommes face à l’oppression nazie.

Source : ICI Armorique

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