
Le tribunal correctionnel de Toulon condamne des responsables d’une décharge sauvage au Castellet
Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné ce lundi le propriétaire d’un terrain agricole ainsi que deux entrepreneurs pour l’exploitation d’une décharge sauvage géante au Castellet. Après une enquête de dix ans, les prévenus ont été condamnés à des amendes totalisant plusieurs dizaines de milliers d’euros pour avoir pollué des terres de l’AOC Bandol. La justice a également ordonné la remise en état totale du site, sous peine d’astreintes journalières.
Depuis trois décennies, jusqu’à cent camions circulaient sur les sentiers du Castellet pour déverser des gravats au milieu des vignes. Ce trafic incessant de déchets a été mis en lumière lors du procès. Le propriétaire du terrain a été condamné à une amende de 50 000 euros, avec confiscation immédiate des sommes présentes sur ses comptes bancaires. Il dispose d’un délai de douze mois pour remettre le site en état, sous peine d’une astreinte de 100 euros par jour de retard.
Deux entrepreneurs impliqués dans le stockage des déchets ont également été condamnés. Le premier a écopé d’une amende de 80 000 euros, tandis que le second, qui louait les parcelles pour entreposer des rebuts, a reçu une amende de 10 000 euros avec sursis.
L’ampleur des décharges accumulées, estimées à un million de tonnes, témoigne d’un désastre environnemental majeur. Michel Bronzo, vice-président de l’association des vins de Bandol, a souligné que cette décharge grignotait des terres de l’AOC Bandol depuis le début des années 1990, sans autorisation.
L’association des vins de Bandol, ainsi que d’autres groupements et la municipalité du Castellet, seront indemnisés pour le préjudice subi. Cette décision fait suite à une procédure judiciaire entamée il y a dix ans, qui a inclus une information judiciaire ouverte en octobre 2017 et des interpellations en 2019.
La lutte contre les décharges sauvages a pris une tournure dramatique dans le Var, notamment après le décès du maire de Signes, Jean-Mathieu Michel, le 5 août, alors qu’il tentait de verbaliser des occupants de véhicule en infraction. Ce drame a mis en lumière l’impunité dont bénéficiaient certains pollueurs et a accéléré la réponse des autorités.
Au Castellet, l’enquête a révélé une organisation durable sur des terrains normalement réservés à l’agriculture. Les alertes des vignerons et de la municipalité n’avaient pas suffi à mettre fin à cette situation avant l’intervention de la justice. La condamnation de ce lundi marque la conclusion d’une décennie de combats judiciaires pour les acteurs locaux.
Source : Nice-Presse avec dépêche


