La prise d’acte de l’apprenti : vers un mode de rupture sui generis
La prise d’acte est un mode autonome de rupture du contrat de travail d’origine prétorienne, permettant au salarié de mettre fin à la relation de travail en se fondant sur des manquements imputés à son employeur. Cette démarche est généralement reconnue pour produire soit les effets d’une démission, soit ceux d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, selon la gravité des manquements invoqués.
Récemment, la chambre sociale de la Cour de cassation a été sollicitée pour clarifier l’applicabilité de cette procédure dans le cadre d’un contrat d’apprentissage. Une salariée apprentie a pris acte de la rupture de son contrat, invoquant une dégradation de ses conditions de travail. Suite à un premier rejet par le conseil de prud’hommes, elle a interjeté appel, ce qui a conduit à une demande d’avis formée par la Cour d’appel de Versailles.
La question posée était la suivante : « La prise d’acte par l’apprenti de la rupture de son contrat d’apprentissage peut-elle être considérée comme un mode de rupture recevable pour mettre fin à son contrat lorsque sont invoqués par l’apprenti des manquements graves de l’employeur ? »
Cette demande a été admise par la chambre sociale, qui a entamé un raisonnement basé sur les articles L. 6222-18 et D. 6222-21-1 du code du travail. L’avis rendu le 15 avril 2026 pourrait ainsi établir un précédent pour l’application de la prise d’acte dans le cadre des contrats d’apprentissage, en précisant les conditions dans lesquelles cette rupture pourrait être considérée comme justifiée.
Aucune donnée ou statistique officielle récente n’a été intégrée dans cet article, l’analyse reposant sur les éléments juridiques en cours de traitement par la Cour de cassation.
Source : Dalloz Actualité.





