“C’est devenu trop cher” : les lycées français à l’étranger en pleine crise

C’est devenu trop cher : les lycées français à l’étranger en pleine crise

Le réseau des lycées français à l’étranger, souvent considéré comme un pilier de l’influence française à l’international, traverse une crise due à l’augmentation significative des frais d’inscription. Selon un article du Times, cette situation est particulièrement préoccupante pour les familles expatriées, en particulier celles qui ne font pas partie des cercles diplomatiques ou des classes très aisées.

À Londres et à Rome, les effets de cette hausse sont déjà visibles. À Rome, par exemple, le personnel du lycée français Chateaubriand a fait grève en raison d’une augmentation de 18% des frais, qui, selon eux, risquent de transformer l’établissement en une institution réservée aux familles riches, excluant ainsi les expatriés français de classe moyenne et les familles italiennes. Cette évolution soulève des inquiétudes, car l’école, qui a longtemps servi de point d’ancrage pour les Français à l’étranger, devient un symbole d’exclusion sociale.

À Londres, la situation est aggravée par un contexte fiscal particulier. Les hausses des frais s’ajoutent à la TVA sur les établissements privés, générant un effet cumulatif. Un parent d’élève a exprimé des préoccupations croissantes : « Nous voyons de plus en plus de familles en difficulté, confrontées à la décision difficile de maintenir leurs enfants dans les écoles françaises ou de subir un double choc lors de leur retour en France. »

Cette hausse des frais s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis 2012, les financements publics alloués aux lycées français à l’étranger ont été réduits, déplaçant le poids financier vers les familles. Bien que le système repose en partie sur des enseignants détachés, il est maintenant remis en question, même sur le plan politique.

Les responsables affirment que l’objectif est de rééquilibrer le financement entre élèves français et étrangers. Cependant, des critiques estiment qu’il s’agit d’un recul stratégique pour la France. Comme l’a souligné Mélanie Vogel, députée des Français de l’étranger, « à une époque où le soft power devient un champ de bataille géopolitique… la France se retire. » Cette situation pose des questions sur la place des expatriés dans un modèle éducatif français en mutation, face à des coûts en hausse et des arbitrages familiaux.

Source : Times

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