
1 200 euros de carburant en plus en deux mois : les auto-écoles augmentent leurs tarifs face à la flambée des prix à la pompe
Entre flambée du carburant, marges réduites et plafonnement du CPF, les auto-écoles font face à une équation économique de plus en plus difficile. Certaines augmentent leurs tarifs, d’autres redoutent de ne plus pouvoir maintenir leur activité dans les prochains mois.
Face à l’augmentation des coûts, certaines auto-écoles n’ont plus d’autre choix que de répercuter une partie des dépenses sur leurs élèves. À la pompe, le prix du plein pour une voiture-école a grimpé de 70 euros à 90 euros. Avec un parc de six voitures et dix motos, l’avenir de ces entreprises est menacé.
Alisée Mérillou, gérante d’une auto-école à Châteauroux, souligne : « On a de gros problèmes avec nos formations pour augmenter nos prix. Je suis obligé de passer de 55 euros à 58 euros l’heure de conduite, mais ça ne fait pas effet tout de suite, puisqu’en fait, on a des contrats en cours. » Elle précise que les contrats en B, d’une durée d’un an, empêchent toute modification tarifaire pour ses clients ayant signé avant l’augmentation.
Les professionnels du secteur ont sollicité le gouvernement via leurs syndicats afin d’obtenir une compensation sur les dépenses énergétiques. Ils demandent notamment un remboursement de l’accise sur les carburants, similaire à celui accordé aux taxis. Boris Grabowski, président de Mobilians éducation routière Indre, explique : « Tous les 100 litres de carburant, ils envoient leur justificatif et l’État leur rembourse 30 euros. Cela nous permettrait de ne pas répercuter cette hausse sur nos élèves. »
Cependant, la réponse du gouvernement a été décevante. Grabowski ajoute : « On a vraiment attendu le maximum pour ne pas que ce soit les élèves qui paient l’addition de cette crise. Malheureusement, on nous a répondu que les tarifs étant libres, c’est à nous de nous adapter. »
Ces nouvelles difficultés s’ajoutent à un contexte déjà tendu pour les établissements, notamment depuis le plafonnement du Compte Personnel de Formation (CPF) pour financer le permis de conduire. Selon Grabowski, les auto-écoles ne dégagent qu’entre 2 % et 4 % de marge sur un permis de conduire. Une seule leçon réalisée à perte, combinée à une hausse rapide des coûts, peut suffire à fragiliser leur trésorerie déjà limitée, menaçant ainsi la survie de certaines entreprises.
Pour illustrer l’impact direct de cette situation, un moniteur d’auto-école a déclaré qu’il fait le plein tous les trois jours pour chacune de ses deux voitures-école. En seulement deux mois, il a déjà déboursé au moins 1 200 euros de plus qu’au cours de la même période l’année précédente en carburant.
Source : France Télévisions.





