
Guerre déclarée entre le fabricant de vélos électriques Rebirth et Saint-Lô Agglo : expulsion en vue pour loyers impayés
Saint-Lô Agglo a décidé d’engager une procédure d’expulsion contre l’entreprise Rebirth, spécialisée dans la fabrication de vélos à assistance électrique, en raison de plusieurs mois de loyers impayés. L’entreprise, qui produit notamment des modèles emblématiques comme le Solex, affirme de son côté que la collectivité lui doit 800 000 euros.
Le lundi 11 mai 2026, Saint-Lô Agglo a communiqué aux médias qu’elle avait entamé des démarches pour expulser Rebirth, précisant que l’entreprise n’avait pas réglé de loyers depuis décembre 2025, totalisant ainsi une dette de 122 665 euros. Grégory Trebaol, PDG de Rebirth, a exprimé son étonnement face à cette annonce, soulignant que l’agglomération avait informé les médias avant même d’avoir engagé une action judiciaire officielle.
La collectivité justifie cette procédure par une situation financière préoccupante, affirmant avoir tenté à plusieurs reprises d’obtenir le règlement des loyers. En 2022, elle avait déjà saisi la justice pour des impayés, et en 2023, le tribunal judiciaire de Coutances avait accordé à Rebirth une période probatoire de deux ans. Cependant, Saint-Lô Agglo indique que la situation s’est détériorée, avec douze mises en demeure adressées à l’entreprise entre janvier 2024 et août 2025, et quatre nouvelles procédures lancées en 2026.
Rebirth reconnaît avoir quelques mois de retard, mais conteste la manière dont la situation a été gérée. Trebaol a déclaré : « On nous menace d’expulsion pour trois mois de loyers en retard, ce qui provoque une inquiétude chez nos 31 salariés. » L’entreprise a également signalé avoir tenté à plusieurs reprises de rencontrer l’agglomération pour discuter des impayés.
Le contexte financier de Rebirth est complexe. En 2019, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire, et les murs de l’usine ont été restitués à Saint-Lô Agglo pour rembourser une dette de 4,9 millions d’euros. Trebaol souligne que l’entreprise a payé la TVA de 800 000 euros due par l’agglomération à l’État, une somme que l’État réclame toujours à Rebirth. Selon l’entreprise, Saint-Lô Agglo n’a jamais remboursé cette TVA, ce qui soulève des interrogations sur le motif réel de l’expulsion.
Saint-Lô Agglo a précisé que l’affaire de la TVA est distincte des impayés et a affirmé que Rebirth a jusqu’au 20 août 2026 pour quitter ses locaux dans la zone Neptune 2. De son côté, le Groupe Rebirth a contacté la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) et se déclare ouvert au dialogue pour trouver une solution favorable à ses salariés et au territoire.
Source : France 3 Régions




