Le STJV assigne Amplitude Studios, qui tente de passer en force sur l’IA – STJV

Le STJV assigne Amplitude Studios pour éviter le dialogue social sur l’IA

Le Syndicat des Travailleurs de la Jeu Vidéo (STJV) a décidé d’assigner en justice Amplitude Studios, accusant la direction de tenter d’imposer des décisions concernant l’intelligence artificielle (IA) générative sans engager un véritable dialogue social. Le Comité Social et Économique (CSE) d’Amplitude Studios soutient cette démarche.

En 2025, le Chief Production Officer (CPO) d’Amplitude Studios a lancé des ateliers sur l’IA générative avec des élus du CSE, visant à évaluer les enjeux et risques associés. À la fin de l’année, le CPO a proposé une « charte interne » sur l’utilisation des outils d’IA, permettant à tous les employés d’y avoir accès, mais sans un cadre réglementaire solide. En janvier 2026, les élus ont exprimé la nécessité de recueillir davantage d’avis d’employés avant d’avancer, soulignant que le sujet pouvait avoir des implications significatives sur les conditions de travail et relevait d’une négociation avec les syndicats.

En réponse, la direction a annoncé une consultation sur cette charte, mais a interrompu toute discussion supplémentaire avec les élus, y compris des demandes de dialogue direct pour clarifier les malentendus potentiels. Depuis janvier 2026, Amplitude Studios a modifié son approche, passant d’une consultation initiale à la création d’un « comité de gouvernance » pour encadrer les discussions.

Le CSE a réitéré à plusieurs reprises, par le biais de délibérations, que l’employeur devait engager des négociations avec le STJV, mais les ajustements proposés par la direction n’ont pas répondu à la nécessité d’un dialogue social adéquat. Face à cette situation, le CSE a voté pour assigner la direction en justice, considérant la consultation comme illégale en l’absence de négociations préalables.

Cette action a conduit la direction à proposer une négociation fin avril. Cependant, elle a également lancé une phase pilote de Github Copilot, affectant une dizaine de personnes, sans consultation préalable du CSE. Lors d’une réunion d’information, le CSE a découvert que la direction avait déjà développé un outil de production utilisant Claude Code sans les en informer.

De plus, lors de l’ouverture des négociations, la direction a conditionné la tenue des discussions à la poursuite de la phase pilote, en contradiction avec l’obligation légale de suspension des décisions en cours. Un courriel post-réunion a également affirmé à tort que la réunion avait été « interrompue », cherchant à attribuer la responsabilité de l’absence de dialogue au syndicat.

Le syndicat a donc exigé une dernière fois la suspension de la phase pilote et la réouverture des négociations. N’ayant reçu aucune réponse, le STJV a décidé de les assigner en justice. Le CSE d’Amplitude Studios se joint à cette action.

Les relations sociales au travail sont régies par des règles spécifiques, et le préambule de la Constitution de 1946 affirme que « tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail. » Cela souligne l’importance d’un cadre démocratique dans la gestion des entreprises.

La direction d’Amplitude Studios est accusée de négliger ce principe en évitant le dialogue social, alors que les employés, qui créent la valeur de l’entreprise, devraient être consultés sur des questions aussi cruciales que l’utilisation de l’IA générative.

Source : STJV.

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