Etats-Unis : un sommet sans accrocs mais non sans arrière-pensées
Le sommet entre les Etats-Unis et la Chine, qui s’est tenu à Pékin le vendredi 15 mai, a permis de maintenir les apparences tout en offrant à chaque pays l’opportunité de revendiquer des succès. Ce cadre diplomatique, bien que soigneusement orchestré, est d’autant plus significatif dans un contexte international marqué par de nombreuses incertitudes. Le président américain, Donald Trump, a mis en avant des succès commerciaux, notamment une commande de 200 avions pour la société Boeing et l’ouverture du marché chinois aux entreprises américaines.
L’accueil minutieusement préparé par le président chinois, Xi Jinping, visait à présenter les deux nations sur un pied d’égalité. Ce but a été atteint, avec Xi Jinping recevant des éloges de la part d’un Trump en quête de légitimité, alors qu’il se trouve dans une impasse diplomatique liée à la guerre contre l’Iran, un partenaire de Pékin. Le dirigeant chinois continue de se positionner comme un symbole de stabilité face aux turbulences engendrées par l’administration américaine.
Cependant, Xi Jinping a répondu aux compliments de Trump par des mises en garde. Il a réaffirmé l’inéluctabilité, selon lui, du rattachement de Taïwan à la Chine continentale. Bien que Trump ait évité de modifier la position américaine sur cette question, Pékin réclame une opposition explicite à l’indépendance taïwanaise, ce que le président américain n’a pas consenti à faire lors de cette rencontre.
Le président chinois a également évoqué le « piège de Thucydide », une référence à la fatalité d’un conflit entre une puissance montante, qu’il identifie comme la Chine, et une puissance en déclin, qu’il associe aux Etats-Unis. Cette dynamique souligne la rivalité croissante entre les deux pays pour le statut de première puissance mondiale.
Une telle mise en scène profite à Pékin, d’autant plus que l’administration Trump semble multiplier les décisions erratiques, comme sa guerre contre le régime iranien et son retrait des alliances militaires historiques. Le président américain, qui a abandonné le discours sur la démocratie, réduit également l’influence culturelle des Etats-Unis, un domaine où ils ont longtemps excellé.
Donald Trump, en arrivant à la Maison Blanche en 2017, avait déjà mis à mal des accords de libre-échange, comme le Partenariat transpacifique, qui visaient à endiguer l’influence de Pékin. Ce sommet, bien que sans avancées notables, illustre les tensions persistantes entre les deux puissances.
Source : Le Monde.



