Laits contaminés : un rapport parlementaire interroge l’application du principe de précaution

Laits contaminés : un rapport parlementaire interroge l’application du principe de précaution

C’est une crise sanitaire qui a plongé des millions de parents dans l’inquiétude. Pendant plusieurs semaines, des laits pour nourrissons vendus en France et dans plusieurs pays européens ont été rappelés en raison d’une contamination par une toxine. Un rapport parlementaire de l’Assemblée nationale, publié le 19 mai, révèle que le système de contrôle alimentaire n’était pas préparé à détecter ce type de danger émergent et que les industriels ont tardé à rappeler les produits.

La crise a débuté le 5 janvier avec un rappel massif de la part de Nestlé, après que des produits fabriqués aux Pays-Bas avaient déjà été rappelés le 11 décembre. Cette contamination était due à la toxine céréulide, produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus, capable de provoquer de graves intoxications.

Les députés Mathilde Hignet et Michel Lauzzana ont mené de nombreuses auditions auprès de la direction générale de l’alimentation (DGAL), de la direction générale de la santé (DGS) et de l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa). Parmi les points sensibles, le délai d’alerte a été mis en avant. Le rapport souligne que les industriels ont tardé à notifier les autorités publiques après avoir pris conscience de la contamination.

Les rapporteurs notent que la chronologie des événements montre que les retraits n’ont eu lieu qu’après confirmation des analyses, ce qui soulève des questions sur l’application du principe de précaution. Ils interrogent également l’opportunité d’un retrait immédiat de tous les lots contenant l’huile ARA suspecte.

Le rapport recommande de renforcer les contrôles sanitaires et d’améliorer la réactivité en cas de crise. Il préconise aussi de revoir les critères de référencement des matières premières et de renforcer les moyens de contrôle des agents en charge de la sécurité alimentaire.

Les députés proposent également d’intégrer la toxine céréulide dans la liste des substances réglementées par l’UE et d’étudier la création d’un laboratoire européen de référence pour Bacillus cereus.

Source : Rapport parlementaire de l’Assemblée nationale, cellule investigation de Radio France.

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