Carburants : les prix sont-ils vraiment plafonnés à La Réunion, comme l’affirme Mathilde Panot ?
Lors d’une interview diffusée le 7 avril 2026 sur Franceinfo, Mathilde Panot, cheffe de file des députés La France insoumise, a affirmé qu’à La Réunion, « il y a un blocage des prix » des carburants, soulignant que ce mécanisme vise à limiter l’impact de la flambée des prix due à la guerre au Moyen-Orient et à l’augmentation du prix du baril. Elle a ajouté que ce blocage est « issu des luttes qui ont été faites » et qu’il fonctionne pour protéger les consommateurs. Mais cette assertion mérite d’être examinée de plus près.
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Les prix du carburant plafonnés dans les départements d’outre-mer depuis 1988
Il est vrai que les prix des carburants à La Réunion sont administrés, c’est-à-dire plafonnés par le préfet, qui fixe mensuellement le prix maximum du litre. Cependant, ce plafonnement n’élimine pas les hausses de prix, il les retarde simplement. Les stations-service peuvent vendre à un prix inférieur, mais elles s’alignent généralement sur le tarif maximal fixé.
Contexte et historique
L’administration des prix a été mise en place à la fin des années 1980, après une ordonnance de 1986 qui a mis fin à l’administration des prix en France. En 1988, le Conseil de la concurrence a jugé que le marché des produits pétroliers dans les départements d’outre-mer était caractérisé par une concurrence limitée. Cette situation a conduit à la nécessité de maintenir un contrôle des prix pour éviter des hausses excessives.
Conséquences des hausses
Le système de plafonnement n’a pas empêché les augmentations de prix. En avril 2026, le prix du litre de gazole a augmenté de 52 centimes, soit une hausse de 41,6 %, et le supercarburant a augmenté de 42 centimes, représentant une hausse de 27,3 %. En comparaison, le gazole avait augmenté de 66 centimes par litre en métropole le 8 avril, selon des sources officielles.
Conclusion
En résumé, bien que le plafonnement des prix des carburants à La Réunion existe bien, il ne protège pas complètement les consommateurs des hausses de prix, mais les en préserve temporairement. Ce mécanisme peut également retarder les effets d’une baisse des prix si celle-ci se produit.
Source : Franceinfo





