Le piment d'Espelette, seul AOP française dans sa catégorie génère jusqu'à 15 millions d'euros par an

Le piment d’Espelette, seul produit français à bénéficier d’une Appellation d’Origine Protégée (AOP) dans sa catégorie, génère un chiffre d’affaires annuel estimé entre 12 et 15 millions d’euros. Ce petit piment rouge, symbole d’un art de vivre au Pays basque, fait face à des défis environnementaux et économiques majeurs.

Le piment d’Espelette, un « or rouge » en danger

Originaire d’Amérique, le piment d’Espelette, ou Capsicum annuum, a été introduit en France au XVIIe siècle. Il est rapidement devenu un ingrédient essentiel de la cuisine basque, apprécié pour sa douceur, affichant 4 000 unités sur l’échelle de Scoville.

Le rôle des femmes d’Espelette

Traditionnellement, les femmes du village ont joué un rôle clé dans la culture et la vente de ce piment. Elles ont contribué à la préservation de la variété locale Gorria, en s’occupant de la récolte et du séchage des piments.

Une coopérative pour la survie

Face à la modernisation et à la baisse des cultures dans les années 1960, une coopérative a été créée en 1983 pour protéger cette culture. En 2000, le piment d’Espelette a obtenu l’AOP, garantissant son origine géographique et sa qualité.

Une filière dynamique mais vulnérable

En 2023, environ 250 producteurs ont cultivé 2 366 tonnes de piments frais, dont 259 tonnes ont été transformées en poudre. À 48 euros le kilo, cela représente une économie locale en plein essor, soutenant agriculteurs, artisans et restaurateurs.

Des défis à relever

Les aléas climatiques récents, tels que des sécheresses et des étés caniculaires, menacent la production. L’irrigation, autrefois considérée comme une hérésie, devient nécessaire pour préserver cette culture. De plus, des problèmes sanitaires ont récemment affecté certains lots de poudre d’Espelette.

Une tradition qui évolue

Malgré ces défis, la relève existe. Des jeunes agriculteurs expérimentent des variétés plus résistantes et s’engagent dans la recherche pour préserver ce patrimoine culinaire. Le piment d’Espelette continue d’être utilisé dans la haute cuisine et dans des produits innovants, comme le chocolat, où il apporte une touche unique.

Le piment d’Espelette, enraciné dans l’histoire et la culture basque, reste un symbole de résilience. Sa production et sa commercialisation sont essentielles pour l’économie locale, mais nécessitent une attention continue face aux défis contemporains.

Source : Argiko-Azia, « Bilan campagne du piment d’Espelette AOP 2023-2024 », 14 mai 2024.

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