
Peter Magyar, le nouveau Premier ministre hongrois, cherche à réparer les liens avec la Pologne
Peter Magyar, leader du parti Tisza, a remporté les élections parlementaires en Hongrie le 12 avril 2026. Cette victoire a suscité l’enthousiasme des libéraux polonais, le Premier ministre polonais Donald Tusk déclarant sur X : « Bienvenue de retour en Europe. » Dix jours après son inauguration le 9 mai 2026, Magyar a effectué son premier voyage à l’étranger en Pologne, qu’il a qualifiée de « nos alliés naturels ».
Historiquement, la Pologne et la Hongrie ont entretenu des relations étroites. Cependant, ces relations se sont détériorées, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Les politiques pro-russes de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban n’ont jamais eu le soutien du parti nationaliste polonais Droit et Justice (PiS).
À la fin de 2023, avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement pro-européen de Tusk, les relations ont atteint un point bas. Tusk a déclaré en octobre 2025 qu’il existait « des points de vue différents sur chaque question », critiquant Orban pour son opposition aux normes démocratiques.
Les tensions se sont aggravées lorsque la Hongrie a accordé l’asile politique à Zbigniew Ziobro, ancien ministre de la Justice polonais, et à son adjoint, Marcin Romanowski, tous deux sous enquête pour corruption. Magyar, cependant, souhaite rétablir les relations polono-hongroises et se présenter comme un partenaire pro-européen fiable.
Le voyage de Magyar en Pologne est perçu comme un geste symbolique important. Marcin Bosacki, secrétaire d’État au ministère polonais des Affaires étrangères, a souligné l’importance de ce geste pour démontrer l’amitié entre les deux pays.
Les attentes pour la rencontre sont élevées. Edit Zgut-Przybylska, sociologue à l’Académie polonaise des sciences, a déclaré qu’il était essentiel de restaurer la confiance détruite par les politiques pro-russes de l’ancien gouvernement hongrois. Magyar et sept ministres visiteront Cracovie, Varsovie et Gdansk, où il rencontrera Tusk, le président Karol Nawrocki et l’ancien président Lech Walesa.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts de Magyar pour rediriger la Hongrie vers une politique plus favorable à l’UE et récupérer des fonds européens gelés. Tusk, ayant une longue carrière dans les institutions européennes, pourrait offrir des conseils précieux, ayant réussi à débloquer 137 milliards d’euros de financement européen après sa victoire électorale.
Les politiciens polonais espèrent également un accord sur l’aide à l’Ukraine, un sujet qui avait été bloqué par le gouvernement d’Orban. Magyar et Tusk pourraient également trouver un terrain d’entente sur des questions telles que les restrictions migratoires et la politique climatique.
Magyar a exprimé son souhait de revitaliser le Groupe de Visegrad, comprenant la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, qui a été paralysé par des disputes internes. Cependant, des experts avertissent que la Pologne se voit désormais comme une puissance régionale, cherchant à se rapprocher de l’Allemagne et de la France.
Enfin, Magyar a promis de lutter contre la corruption, un engagement partagé avec Tusk, qui n’a pas encore été pleinement réalisé. Cependant, Magyar ne pourra pas répondre à la demande polonaise de rapatrier les politiciens polonais recherchés, Ziobro et Romanowski, qui ont quitté la Hongrie avant sa prise de fonction.
Source : DW.





