
N’importe quel enfant peut tomber sur du cannabis : la police s’est fixé un an pour lutter contre le narcotrafic dans ce quartier familial
À Perpignan, le quartier populaire du Champ-de-Mars est une plateforme connue du narcotrafic. Il est l’un des points d’attention majeurs de la police, qui souhaite y faire « place nette » en une année. Pour cela, des opérations d’envergure sont réalisées conjointement entre police nationale, municipale, brigade anticriminelle et unités canines.
Suivi de près par les policiers, un chien spécialisé se précipite vers une aire de jeux recouverte de copeaux de bois. Il fouille de ses deux pattes avant de dénicher un pochon de drogue. « C’est de l’herbe de cannabis », décrit Patrick, l’un des brigadiers de l’équipe cynophile. « Là, ça dit qui la distribue », ajoute-t-il en pointant une étiquette sur le sachet. « Et ici, le poids, 2 grammes. »
Ce genre de trouvailles est fréquent dans le quartier du Champ-de-Mars, au nord-est de Perpignan. « Il y en a de partout », déplore Patrick, « à tous les endroits improbables ».
Ce lundi 18 mai 2026, l’intervention de police mobilise une quarantaine d’agents, incluant la police municipale, nationale, la brigade anticriminelle (BAC) et des unités canines. « Merci à toutes et tous d’être présents pour cette énième opération de sécurité sur la circonscription de police de Perpignan qui nous projette aujourd’hui sur un point de deal que vous connaissez bien », lance la commissaire Louisa Yazid, cheffe de la circonscription de police de Perpignan, à ses équipes.
Le Champ-de-Mars, cité HLM adjacente à l’ensemble scolaire du lycée Lurçat et du collège Albert Camus, est devenu en quelques années l’une des places fortes de la drogue dans les Pyrénées-Orientales. Des milliers d’euros sont brassés ici chaque jour. Une habitante du quartier exprime son inquiétude : « Si n’importe quel enfant peut aller dans le parc et tomber sur de la résine de cannabis et consommer ça, ou tout simplement le ramener à la maison ou à l’école, oui, ça m’inquiète. »
L’objectif de ces interventions régulières est de débarrasser le quartier du narcotrafic en seulement un an. La stratégie se veut mobile et offensive, du pied des tours jusque dans les caves. « Les dealers se sont déplacés, on se déplace aussi. Ils s’adaptent, on s’adapte également », explique Louisa Yazid.
Lors d’une conférence de presse le 22 avril dernier, le Procureur de la République des Pyrénées-Orientales, Jérôme Bourrier, a déclaré vouloir « essayer de faire mal, c’est-à-dire d’apporter des réponses qui désorganisent, qui détruisent ce trafic et ses équipes ». Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a quant à lui qualifié ce point de deal comme « le premier problème d’ordre public dans le département des Pyrénées-Orientales ».
Source : France 3 Occitanie.




