
La grande vitesse au ralenti
L’action publique, c’est le temps long. En matière d’infrastructures de transport, les projets avancent souvent au rythme d’une micheline plutôt qu’à celui d’un TGV. Le Premier ministre a récemment été à Toulouse pour relancer le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, qui comprend les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. Sébastien Lecornu a qualifié ce projet d’« irréversible » et a annoncé le lancement des premiers appels d’offres avant la fin du quinquennat, soit plus de dix ans après la déclaration d’utilité publique signée par le gouvernement de Manuel Valls, et neuf ans après la mise en service du tronçon Tours-Bordeaux.
Les partisans du projet demeurent prudents. En 2017, Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie, avait ralenti les projets de lignes à grande vitesse. Après avoir relancé ces initiatives, Jean Castex, ancien Premier ministre et président de la SNCF, avait déclaré en 2022 que « plus personne ne pourrait débrancher la prise ». L’État et les collectivités doivent cependant encore parvenir à un accord sur le financement, estimé à 17 milliards d’euros pour ces deux tronçons.
Ce dilemme pose des défis au gouvernement, qui cherche également à mobiliser des ressources pour les trains du quotidien. Par ailleurs, d’autres lignes nouvelles sont envisagées, telles que Lyon-Turin et Montpellier-Perpignan, ainsi que la ligne Marseille-Nice.
La première phase du projet de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) est en cours, avec la construction d’une gare souterraine et d’un tunnel à Marseille. À l’autre extrémité, les travaux de démolition du MIN ont commencé cette semaine pour préparer la future gare TGV Nice-Aéroport. Entre Marseille et Nice, seuls quelques aménagements sont prévus à Toulon, tandis que la construction des sections à grande vitesse Aubagne-Toulon et Le Muy-Cannes n’est envisagée qu’à l’horizon 2040-2050, pour un coût comparable à celui des lignes du Sud-Ouest.
Ainsi, il faudra encore patienter pour espérer un trajet Marseille-Nice en 1 h 15. Un délai qui ne répond pas aux enjeux de mobilité dans la région, ni à l’urgence climatique, et qui souligne la difficulté d’investir dans un pays confronté à des dépenses de fonctionnement élevées.
Source : Nice Matin




