La « grande transmission » est en marche. D’après la Fondation Jean Jaurès, 9 000 milliards d’euros doivent passer des mains des baby-boomeurs à celles de leurs héritiers dans les quinze prochaines années. A cette manne considérable s’ajoutent les 90 milliards d’euros des 3,2 millions de plans d’épargne logement (PEL) qui doivent être clôturés d’ici à 2030. Pour prendre leur part du gâteau, les conseillers financiers musclent leur jeu… Mais pas pour n’importe quel montant.

Depuis quelques années, les banques privées et conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ont entamé un repositionnement sur les patrimoines les plus importants, jugés plus rémunérateurs. Jean-Marc Ribes situe ainsi le début de ce mouvement, amorcé par les banques privées, à la période « post-crise des subprimes, au début des années 2010 » : « La baisse des taux d’intérêt a rogné la profitabilité du crédit immobilier, ce qui a accru la pression de la rentabilité et poussé à la segmentation de la clientèle », explique le président du directoire de la Banque Richelieu France.

Le basculement du taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) en territoire négatif (− 0,10 %), en juin 2014, a renchéri le coût de dépôt des liquidités pour les banques auprès de l’institution. Sans oublier l’interdiction des rétrocessions dans le cadre de la gestion sous mandat dès 2018. En parallèle, les conseillers ont aussi dû recruter et s’équiper en outils pour rester en conformité avec la réglementation croissante.

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La Grande Transmission : Quand les Baby-Boomers se Transmettent la Richesse, et Nous, On Reste à la Traîne

9 000 milliards d’euros à transmettre, mais qui en profitera vraiment ? Entre promesses et réalités, la farce continue.

INTRODUCTION : Alors que la Fondation Jean Jaurès annonce que 9 000 milliards d’euros vont passer des mains des baby-boomers à leurs héritiers dans les quinze prochaines années, on pourrait s’attendre à un grand partage. Mais ne vous y trompez pas, cette « grande transmission » ressemble plus à un banquet où seuls les plus riches sont invités. Ironie du sort : pendant que certains se battent pour une part du gâteau, d’autres doivent se contenter des miettes.

Ce qui se passe réellement

La « grande transmission » est en marche. D’après la Fondation Jean Jaurès, 9 000 milliards d’euros doivent passer des mains des baby-boomers à celles de leurs héritiers dans les quinze prochaines années. À cette manne considérable s’ajoutent les 90 milliards d’euros des 3,2 millions de plans d’épargne logement (PEL) qui doivent être clôturés d’ici à 2030. Pour prendre leur part du gâteau, les conseillers financiers musclent leur jeu… Mais pas pour n’importe quel montant.

Depuis quelques années, les banques privées et conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ont entamé un repositionnement sur les patrimoines les plus importants, jugés plus rémunérateurs. Jean-Marc Ribes situe ainsi le début de ce mouvement, amorcé par les banques privées, à la période « post-crise des subprimes, au début des années 2010 » : « La baisse des taux d’intérêt a rogné la profitabilité du crédit immobilier, ce qui a accru la pression de la rentabilité et poussé à la segmentation de la clientèle », explique le président du directoire de la Banque Richelieu France.

Le basculement du taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) en territoire négatif (− 0,10 %), en juin 2014, a renchéri le coût de dépôt des liquidités pour les banques auprès de l’institution. Sans oublier l’interdiction des rétrocessions dans le cadre de la gestion sous mandat dès 2018. En parallèle, les conseillers ont aussi dû recruter et s’équiper en outils pour rester en conformité avec la réglementation croissante.

Pourquoi cela dérange

Cette situation met en lumière une incohérence flagrante : alors que les baby-boomers s’apprêtent à transmettre une fortune colossale, les jeunes générations se retrouvent souvent dans des situations précaires, avec des salaires stagnants et des loyers exorbitants. Les promesses de prospérité se heurtent à la réalité d’un système qui favorise les plus riches au détriment des plus vulnérables.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : une inégalité croissante, un fossé qui se creuse entre les générations, et une jeunesse qui se voit refuser l’accès à la propriété et à la richesse. Pendant que certains héritent de milliards, d’autres doivent se contenter de crédits à la consommation pour survivre.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir les discours politiques promettre un avenir radieux pour tous, alors que la réalité ressemble davantage à une lutte acharnée pour une part de gâteau déjà bien entamée. Les promesses de justice sociale se heurtent à la réalité d’un système qui privilégie les plus nantis. Les politiques, tels des chefs d’orchestre, semblent jouer une symphonie où seuls les riches ont le droit de danser.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà de nos frontières, on constate que cette situation n’est pas unique à la France. Aux États-Unis, par exemple, les inégalités de richesse atteignent des sommets, et les politiques ultraconservatrices ne font qu’aggraver la situation. Les riches s’enrichissent, tandis que les pauvres s’enfoncent dans la précarité. Un parallèle inquiétant qui souligne l’absurdité d’un système économique qui semble avoir perdu tout sens de l’équité.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que cette tendance se poursuive, à moins d’une réforme radicale du système fiscal et des politiques de redistribution. Les jeunes générations devront se battre encore plus pour obtenir leur part de ce gâteau, déjà bien trop petit pour ceux qui n’ont pas eu la chance de naître dans le bon berceau.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Pourquoi la gestion patrimoniale se recentre sur les clients les plus aisés
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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