Dans le cadre de nos Universités des savoirs associatifs nous vous proposons

Ce séminaire, qui se déroule de 2025 à 2026, vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics. Il mêle des temps de travail internes et des temps publics collectifs ; ces derniers sont sous forme de webinaires ou colloques avec un arpentage (avant ou après) sur un ouvrage en lien avec le sujet.

Certaines fondations et Fonds revendiquent le soutien à la démocratie, un fonds pour la démocratie vient d’être lancé ; d’autres à l’inverse s’inscrivent dans une visée réactionnaire à l’exemple du philanthrope Pierre-Edouard Stérin dont le projet est d’amener l’extrême droite au pouvoir. Ce grand écart appelle à une exploration de ces philanthropies pour mieux comprendre leur visée politique et leurs pratiques.

Il est temps pour les actrices & acteurs associatifs de mieux cerner ces enjeux et de se doter d’outils collectifs de lecture. C’est l’objectif des six séances de ce séminaire qui exploreront les différentes pratiques philanthropiques : philanthrocapitalisme, philanthropie basée sur la confiance, philanthropie de proximité…  plus de détails -avec les replays des séances passées- ici sur le site de l’Observatoire citoyen de la marchandisation.

 

Quatrième séance publique  – mardi 21 avril 2026

Quelles nouvelles pratiques philanthropiques ?

La remise en cause des appels à projet, de la remontée d’indicateurs, de la relation asymétrique financeur-financé amènent certaines fondations à revoir leurs modalités de relation avec les associations qu’elles financent. Nous voyons notamment émerger une philanthropie basée sur la confiance, voulant sortir des appels à projet, finançant les associations sur le temps long, en développant une relation de partenarial de confiance, avec des évaluations basées sur des modalités d’échanges et de discussion (plutôt que des indicateurs de performance). La philanthropie participative propose de faire entrer les associations dans son organisation, en créant des comités de pilotage mixte amenés à construire le choix et la répartition des financements.

Est-ce que ces nouvelles formes de relations permettent de limiter l’asymétrie de pouvoir financeur/financé ?

Sont-elles à même de préserver la capacité d’interpellation et d’autonomie des associations qu’elles financent même lorsque ces interpellations vont à l’encontre de leurs intérêts ?

Comment les « héritiers rebelles », ces philanthropes qui ont décidé de mettre tout leur héritage au profit des transformations sociales et écologiques analysent et/ou éprouvent ces nouvelles approches ? Est-ce qu’elles permettent de répondre aux enjeux de démocratie interne à la philanthropie ?

Les invitées de cette séance animée par Marianne Langlet :

  • Sylvain Lefèvre, docteur en sciences politiques, professeur à l’Université du Québec, spécialiste de la philanthropie, notamment co-auteur de Philanthropes en démocratie.
  • Marion Ben Hammo, responsable du laboratoire Inventer demain à la Fondation de France,
  • Léa Bouaroua, présidente du Fonds pour la démocratie.

INSCRIPTION ICI

 

Et en mai/juin 2026 la 5ème séance sera : Quelles philanthropies de proximité ?

Les fondations territoriales se développent. Elles répondent au recul de financement des collectivités territoriales et aux capacités d’auto-organisation des acteurs des territoires qui peuvent se servir de ces outils pour reprendre pouvoir sur leurs propres financements. S’intéresser à ces fondations, leurs fonctionnements, nous amène à interroger la question du don, de la participation citoyenne et de l’action de ces fondations sur les enjeux démocratiques au niveau des territoires. Par ailleurs, les associations, face au recul du soutien public, cherchent des modes de mutualisation de leurs ressources, elles construisent des accords de réciprocité et envisagent des fonds de dotation mutualisés. Cette séance sera portée par le MES Occitanie et Opale.

 Ce projet est soutenu par le Fonds pour le développement de la vie associative

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(Pour mémoire – les précédentes séances)

Troisième séance publique du séminaire en webinaire 4 mars 2026

La philanthropie d’extrême droite et les associations 

La mise en lumière du projet Péricles porté par Pierre-Edouard Stérin interroge le rôle politique des philanthropes et leurs influences sur notre cadre démocratique. Pierre Edouard Stérin, milliardaire philanthrope, souhaite voir arriver l’extrême droite au pouvoir en France et finance pour se faire tout un réseau de think-thank, écoles, associations qui poussent ses valeurs. Cette philanthropie marquée à l’extrême droite rejoint les financements philanthropiques qui, depuis de nombreuses années, soutiennent les associations réactionnaires comme par exemple celles qui luttent contre l’avortement. Comment ces courants philanthropiques influencent et interrogent notre démocratie et notamment la solidarité démocratique ?

Les invitées de cette séance animée par Marianne Langlet :

  • Véronique Séhier du Planning Familial
  • Rozenn le Carboulec, Annabelle Martella et Elsa Sabado, journalistes du « collectif hors cadre »à l’origine de l’enquête sur la galaxie associative de Pierre-Edouard Stérin.

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Seconde séance publique du séminaire en webinaire – 29 janvier 2026

Quand l’investissement remplace la subvention ou le don – décryptons ce que sont le philanthrocapitalisme ou encore la « venture philanthropy »

L’investissement à impact porte le récit de faire à la fois du bien et du profit. Issus de la fondation américaine Rockefeller, ces nouveaux mécanismes financiers allient rentabilité financière et impacts sociaux et écologiques. Ils connaissent une forte croissance depuis les années 2010 et portent un changement de paradigme profond de l’approche philanthropique puisqu’ils peuvent investir (via des outils particuliers) aussi bien des associations que des entreprises, notamment des startups à impact ou entreprises à mission. Cette confusion des rôles interroge la notion de non lucrativité, développe la notion de lucrativité limitée, construit des marchés concurrentiels et remplace la notion de subvention ou de don par celle d’investissement au risque de mettre en péril tout un champ associatif qui ne peut s’y inscrire. Cette approche peut s’inscrire dans le Philanthrocapitalisme ainsi défini par la revue Politix : « Le philanthrocapitalisme est salué comme étant « une nouvelle manière de faire de la philanthropie, imitant la manière de faire des affaires dans le monde capitaliste ». Il promeut l’idée selon laquelle « le capitalisme en lui-même peut être philanthropique, et œuvrer au bien de l’humanité ». Ses adeptes considèrent l’entreprise capitaliste comme un mode de production « naturellement » altruiste, et justifient l’attribution de subventions gouvernementales et de fonds philanthropiques à des entreprises ».

Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet  :

  • Gloria Taoussi du Réseau National des Ressourceries et Recyclerie (RNRR) ;
  • Edouard Morena, maitre de conférence en sciences politiques, auteur du livre « Fin du monde et petits fours ».

Au préalable, le mercredi 14 janvier à 15h on vous propose un arpentage* du livre « Fin du monde et petits fours ». Ce livre est écrit par Édouard Morena, qui sera l’intervenant du webinaire de la 2de séance du séminaire « association, recul de la démocratie et philanthropies » du 29 janvier.

*l’arpentage est une technique de lecture collective de l’éducation populaire 

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 la première séance publique du séminaire était en webinaire le 19 décembre 2025

Le 19 décembre 2025, nous avons réalisé la première séance publique de notre séminaire sur la philanthropie qui se déroulera en plusieurs étapes jusqu’à fin 2026. Il a été précédé d’un temps d’arpentage* collectif de textes le 16 octobre 2025 et de plusieurs temps de travail internes à l’Observatoire citoyen de la marchandisation des associations (OCMA). Ce séminaire vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics.

Notre séance du 19 décembre visait à interroger le rôle des philanthropes en démocratie avec cette question en filigrane : qui définit et comment se définit l’intérêt général ? Quelle est la légitimité des philanthropes dans cette définition ? 

Comment regarder en face la contradiction entre une philanthropie qui affirme sa participation à l’intérêt général et qui, dans le même temps, existe grâce à l’accroissement exponentielle des grandes fortunes, grâce aux défiscalisations, à l’évasion et l’optimisation fiscale.

Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet étaient :

  • Anne Monier, chercheuse à l’Université de Genève, coautrice du livre « Philanthropes en démocratie » ;
  • Arnaud Bontemps, fonctionnaire, fondateur et co-porte parole du collectif Nos services publics.

Philanthropie : Entre Démocratie et Extrême Droite, le Grand Écart

Dans un paysage philanthropique en mutation, la question se pose : qui finance réellement la démocratie ?

Alors que certaines fondations se présentent comme les sauveurs de la démocratie, d’autres, comme le philanthrope Pierre-Edouard Stérin, semblent avoir un agenda bien plus sombre. Ce séminaire, qui se déroule de 2025 à 2026, vise à explorer ces contradictions. Mais ne vous y trompez pas, derrière les promesses de soutien à la démocratie se cache souvent un désir de contrôle et d’influence.

Ce qui se passe réellement

Dans le cadre de nos Universités des savoirs associatifs, ce séminaire propose une analyse approfondie des pratiques philanthropiques en France. Alors que certaines fondations se targuent de soutenir la démocratie, d’autres, comme celle de Stérin, cherchent à propulser l’extrême droite au pouvoir. Ce grand écart appelle à une exploration des philanthropies pour mieux comprendre leurs visées politiques et leurs pratiques.

Pourquoi cela dérange

La philanthropie, censée être un acte altruiste, devient un outil de manipulation. Les fondations qui se présentent comme des défenseurs de la démocratie sont souvent celles qui financent des projets réactionnaires. La question se pose : qui définit l’intérêt général ? Les philanthropes, avec leurs milliards, ou les citoyens ?

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont alarmantes. Le retrait des financements publics pousse les associations à se tourner vers des fondations aux intentions douteuses. Cela crée une dépendance qui limite leur capacité d’interpellation. Les associations, censées être des voix critiques, deviennent des instruments au service d’intérêts privés.

Lecture satirique

Ironiquement, ces philanthropes se présentent comme des sauveurs de la démocratie tout en finançant des projets qui sapent les fondements mêmes de celle-ci. C’est un peu comme si un pyromane se présentait comme un pompier. La promesse d’une philanthropie « basée sur la confiance » semble être un doux rêve face à la réalité des rapports de force.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas unique à la France. À l’étranger, des figures comme Donald Trump aux États-Unis ou Vladimir Poutine en Russie utilisent également des fonds privés pour influencer la politique. La philanthropie devient alors un outil de pouvoir, un moyen de façonner les sociétés selon des agendas personnels.

À quoi s’attendre

Si ces tendances se poursuivent, nous pourrions assister à une érosion progressive de la démocratie au profit d’intérêts privés. Les associations, au lieu d’être des acteurs de changement, risquent de devenir des relais de propagande pour des idéologies réactionnaires.

Sources

Source : www.associations-citoyennes.net

Séminaire : Associations, recul de la démocratie et philanthropies [21 avril]
Visuel — Source : www.associations-citoyennes.net
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