
La France valide un recul historique des droits humains en Europe
Le 15 mai 2023, à Chișinău, les 46 États membres du Conseil de l’Europe, y compris la France, ont signé une déclaration qui remet en question l’universalité des droits humains, établissant une hiérarchisation de leur application. Cette démarche soulève des inquiétudes quant à l’intégrité de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), qui protège les droits humains depuis plus de 75 ans, interdisant notamment la torture et garantissant le respect de la vie privée et familiale.
La déclaration stipule que des personnes, en particulier des migrants, pourraient être privées de soins médicaux, séparées de leurs enfants ou même déportées vers un pays tiers, en raison de leur situation administrative. Cette approche est justifiée par des considérations de « défense de l’ordre » ou de « bien-être économique » d’un pays.
Ce développement s’inscrit dans une tendance plus large au sein de l’Union européenne, où la Commission européenne a déjà introduit le « pacte migration et asile » et réformé la « directive retour », favorisant des politiques migratoires xénophobes. La Commission a salué un « alignement des approches » avec le Conseil de l’Europe, mettant en avant la sécurité des sociétés et des frontières comme priorités.
En réaction, des critiques soulignent que cette vision sécuritaire des migrations met en péril les valeurs fondamentales des droits humains, exacerbant la montée du racisme et de la xénophobie sur le continent. La déclaration a été signée sous la pression de gouvernements conservateurs et nationalistes, et a suscité des préoccupations quant à l’alignement de la France avec des positions extrêmes.
Les enjeux sont d’une importance cruciale, alors que des millions de personnes, fuyant des conflits et des dérèglements climatiques, cherchent refuge. Les défenseurs des droits humains appellent la France à réaffirmer son engagement envers les droits universels, soulignant que le devoir est de renforcer leur protection, et non de les affaiblir.
Source : Communiqué du groupe LFI à l’Assemblée nationale




