« Dans une certaine pastorale, le devoir conjugal constitue encore un déni du consentement sexuel »

La Fin du Devoir Conjugal : Un Pas vers la Reconnaissance du Consentement Sexuel

Le 28 janvier dernier, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une loi mettant fin à la notion de « devoir conjugal », une notion déjà obsolète selon la jurisprudence européenne depuis un an. Cette décision marque une étape importante dans l’évolution des droits des époux en matière de consentement sexuel.

Julie Mattiussi, dans une tribune publiée par La Croix, souligne que cette notion a historiquement entravé la réflexion sur le consentement sexuel entre époux. Ce n’est qu’en 1990 que la France a reconnu pour la première fois le viol conjugal. L’adoption de cette loi peut être interprétée comme l’aboutissement d’une évolution juridique de plus de trente ans, qui vise à clarifier les droits et les obligations au sein du mariage.

Un Regard Spécifiquement Catholique

Des époux, Alex et Maud Lauriot Prévost, qui œuvrent dans le domaine de la théologie du corps et de la pastorale conjugale, ont exprimé des inquiétudes quant à cette évolution, la qualifiant de bouleversement anthropologique. Cependant, leur analyse ne mentionne pas explicitement le « devoir conjugal » ni ses origines, se focalisant plutôt sur des concepts de la théologie du corps de Jean-Paul II, tels que le « don mutuel et libre des époux ».

Une Asymétrie, Pas un Don Mutuel

La notion de « don mutuel » peut donner l’illusion d’une relation symétrique entre les époux. En réalité, le devoir conjugal a été conçu pour souligner une asymétrie : le conjoint qui demande un rapport sexuel détient un droit, tandis que celui qui est sollicité a une obligation. Historiquement, cette dynamique a souvent favorisé le pouvoir de l’homme sur la femme, rendant difficile la reconnaissance du viol conjugal.

L’Impossibilité pour l’Église de Nommer le Viol Conjugal

Au XXe siècle, cette problématique a été abordée au sein de l’Église, notamment dans l’encyclique Humanae vitae de 1968, où le pape Paul VI évoque que « un acte conjugal imposé au conjoint sans égard à ses conditions et à ses légitimes désirs, n’est pas un véritable acte d’amour ». Toutefois, cette condamnation reste vague et ne corrige pas l’asymétrie entre solliciteur et sollicité.

Une Torture pour les Victimes de Violence

De nombreux témoignages révèlent que des jeunes hommes et femmes ont été traumatisés par l’idée que les relations sexuelles au sein du mariage sont un devoir. Cette notion peut normaliser des comportements abusifs, tant dans le cadre conjugal qu’en dehors. Les victimes de telles agressions, souvent en proie à des effets post-traumatiques, trouvent dans le devoir conjugal une véritable torture.

Ainsi, la récente loi sur la fin du devoir conjugal pourrait contribuer à une meilleure reconnaissance du consentement sexuel dans le mariage, une avancée nécessaire pour le bien-être des victimes et la protection de leurs droits.

Source : La Croix

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