
Œufs : la consommation s’envole, la filière appelée à grandir
En pleine crise du pouvoir d’achat, l’œuf s’impose comme la protéine refuge des Français. Face à une demande en forte hausse et à des tensions d’approvisionnement dans certains supermarchés, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a proposé d’accélérer le développement des élevages.
Produit simple, accessible et polyvalent, l’œuf n’a jamais autant séduit les consommateurs. Selon le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) et l’Itavi, chaque Français a consommé en moyenne 227 œufs en 2024 et devrait atteindre un record de 237 œufs en 2025, toutes utilisations confondues (œufs coquille, ovoproduits, consommation à domicile ou hors domicile). En un an, les achats d’œufs en magasins ont bondi de 5 %, et depuis 2023, près de 300 millions d’œufs supplémentaires sont vendus chaque année dans les grandes surfaces. En 2025, ce sont ainsi 7,3 milliards d’œufs qui auront été achetés par les ménages.
Si la dynamique se poursuit à un rythme annuel de 3,5 à 4 %, les ventes pourraient atteindre 8 milliards d’œufs en grandes surfaces dès 2028. Cette croissance rapide met la filière sous tension et entraîne ponctuellement des ruptures dans certains rayons.
Pour répondre à cette hausse et renforcer la souveraineté alimentaire, Annie Genevard a proposé, en janvier 2026, d’installer « un poulailler de plus par département et par an jusqu’en 2030 », soit près de 480 bâtiments supplémentaires à l’échelle nationale. L’objectif est de combler le déficit d’offre, limiter le recours aux importations, notamment en provenance de pays aux normes de production différentes (Ukraine, Pologne), et sécuriser l’approvisionnement des consommateurs.
La filière ambitionne également d’atteindre l’autosuffisance avec la création d’environ 300 poulaillers d’ici 2030, représentant près de 300 millions d’euros d’investissements.
Les Pays de la Loire, moteur de la production
Deuxième région de production avicole derrière la Bretagne, les Pays de la Loire occupent une place stratégique. En 2024, la région assurait à elle seule 18 % de la production française d’œufs, contre 12 % dix ans plus tôt, selon les chiffres de la Chambre d’agriculture régionale. En une décennie, la production régionale a presque doublé, tandis que l’effectif de poules a progressé de 1 % entre 2023 et 2024.
Source : La Tribune.





