
L’Azerbaïdjan : un nouveau partenaire pour une Europe en quête d’alternatives énergétiques
L’Azerbaïdjan attire de plus en plus de pays européens en quête d’alternatives aux hydrocarbures russes. Depuis 2022, l’Union européenne (UE) intensifie son rapprochement stratégique avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, malgré les critiques sur ses dérives autocratiques.
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Depuis des décennies, un feu perpétuel brûle au pied du Yanar Dag, « la montagne enflammée » située au nord de Bakou. Documentée dès le XIIIe siècle par Marco Polo, cette propriété inflammable azerbaïdjanaise a joué un rôle central dans l’ancienne religion zoroastrienne, où le feu était considéré comme un symbole divin. Aujourd’hui, ces ressources naturelles soutiennent l’économie azerbaïdjanaise, les hydrocarbures représentant 90 % des exportations du pays.
Du pétrole au gaz
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a récemment mis en avant les mérites de l’association avec l’Azerbaïdjan lors d’une visite à Bakou. En 2025, le pays pourrait devenir l’un des principaux fournisseurs de pétrole et de gaz de Rome, aux côtés de quatorze autres États membres de l’UE. Historiquement, l’Azerbaïdjan était un acteur pétrolier majeur pour les puissances occidentales depuis la signature du « Contrat du siècle » en 1994, mais il avait peu de clients européens pour son gaz avant 2020, se concentrant principalement sur les marchés géorgien et turc. En moins de six ans, Bakou a doublé ses exportations de gaz, attirant un nombre croissant de clients au sein des Vingt-Sept.
L’UE, cherchant à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, se tourne vers l’Azerbaïdjan. En juillet 2022, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rencontré Ilham Aliyev pour signer un protocole d’accord dans le domaine de l’énergie, un partenariat renouvelé en mars 2026 lors d’une visite d’Antonio Costa, président du Conseil européen.
L’Italie, la Grèce, la Bulgarie, la Slovénie, la Croatie, la Roumanie, la Slovaquie et la Hongrie achètent déjà du gaz à Bakou. En janvier 2026, l’Allemagne et l’Autriche ont rejoint cette liste, avec un accord de la Hongrie pour l’achat de 800 millions de mètres cubes de gaz sur deux ans.
Infrastructures robustes
Le pipeline trans-adriatique, achevé en 2020, a élargi l’accès à l’Europe via le gazoduc trans-anatolien (TANAP), permettant un approvisionnement direct. En 2025, plus de la moitié des exportations de gaz azerbaïdjanaises devraient être destinées à l’UE. Le gaz transporté par ce pipeline pourrait représenter 16 % de la demande totale italienne en 2025, selon Luca Schieppati, directeur général du TAP.
L’Azerbaïdjan s’appuie également sur ses oléoducs pour garantir sa rente énergétique. Actuellement, environ 80 % du pétrole exporté transite par l’oléoduc BTC, reliant Bakou à Ceyhan, en Turquie, et offrant un accès direct à la Méditerranée.
Conséquences et critiques
Cependant, ce rapprochement soulève des interrogations sur les droits humains en Azerbaïdjan. Le Parlement européen a dénoncé en octobre 2024 les violations des droits humains dans le pays, notamment en lien avec le conflit au Haut-Karabakh. Malgré ces critiques, l’UE semble prioriser ses intérêts énergétiques.
Remplacer la dépendance à la Russie par celle à l’Azerbaïdjan pose la question de la durabilité de cette nouvelle dépendance. Selon certains experts, cela pourrait conduire à une situation similaire à celle précédemment vécue avec Moscou.
L’Azerbaïdjan envisage également de construire un câble sous la mer Noire pour fournir de l’électricité à l’Europe, principalement à partir d’énergies renouvelables, dans le cadre de ses efforts pour diversifier ses exportations énergétiques.
Source : RFI





