Interdiction des produits alimentaires au CBD : un impact significatif pour un producteur du pays de Montbéliard
Depuis le 15 mai, tous les produits alimentaires contenant du cannabidiol (CBD) sont interdits à la vente en France, en vertu d’une réglementation européenne. Cette décision impacte directement l’activité de Benjamin Comte, producteur de CBD basé à Dampierre-les-Bois, qui estime que ces produits représentaient entre 15 et 20 % de son chiffre d’affaires.
L’interdiction concerne des articles tels que les tisanes, bonbons et huiles à base de CBD, désormais introuvables dans les commerces. Cette mesure découle de l’application de la loi européenne « Novel Food » de 1997, qui impose des restrictions sur la vente de nouveaux aliments non autorisés.
Les champs de Benjamin Comte, situés entre Gray et Besançon, sont désormais affectés. Il explique : « C’était 15 à 20 % de notre activité, donc cela a un impact significatif. J’espère que mes commerciaux vont récupérer plus de clients, voire vendre plus de fleurs et de résines pour compenser cette perte de chiffre d’affaires. »
Pourtant, les produits à fumer, tels que les résines et fleurs, restent autorisés à la vente. Benjamin Comte souligne que cette interdiction pourrait inciter certains consommateurs à se tourner vers des achats en ligne ou à l’étranger, ce qui nuira à son activité en France.
Il voit également cette mesure comme une manière pour le gouvernement de réguler la TVA sur les produits CBD, car certains d’entre eux, comme les fleurs de cannabis présentées comme des tisanes, bénéficiaient d’une TVA alimentaire à 5,5%. Des préoccupations sanitaires ont également été soulevées. Le professeur Bruno Mégarbane, responsable médical au sein de Cortox, a rapporté une augmentation des appels aux centres antipoison liés à des intoxications après consommation de produits alimentaires au CBD.
Face à ces défis, Benjamin Comte appelle à des discussions avec le gouvernement pour mieux encadrer la filière CBD. Il insiste sur le besoin de stabilité dans la réglementation : « Depuis 2020, un jour on peut, un jour on ne peut pas. Il faut sécuriser la filière. »
Source : ici.fr





