
Régulation du loup en Suisse : des mesures de tirs préventifs commencent à freiner la croissance de la population
Berne estime que les tirs préventifs « portent leurs fruits ». C’est ce qu’indique un rapport de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) publié ce lundi 18 mai 2026, qui conclut à un ralentissement de la croissance de la population du grand prédateur. Entre septembre et janvier, 77 loups ont été abattus de l’autre côté de la frontière sur 115 autorisés.
La régulation préventive du loup en Suisse produit ses premiers effets mesurables. Selon un rapport de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), publié ce lundi, la croissance rapide de la population de loups a été ralentie grâce aux tirs autorisés par les cantons et au renforcement de la protection des troupeaux. Bien que le nombre de loups continue d’augmenter, leur expansion apparaît moins soutenue qu’au cours des années précédentes.
Les autorités fédérales ont autorisé le tir de 115 loups entre le 1er septembre 2025 et le 31 janvier 2026. Au total, 77 animaux ont été abattus, dont 76 dans le cadre de la régulation « proactive » et un dans le cadre d’une régulation « réactive ». Il s’agit de la troisième période durant laquelle les cantons ont pu intervenir de manière préventive, c’est-à-dire avant l’apparition de dommages sur les troupeaux.
Par comparaison, 125 tirs avaient été autorisés et 92 loups abattus à la même période en 2024-2025. 100 tirs avaient été autorisés et 55 loups abattus en 2023-2024. L’OFEV souligne que la proportion de tirs erronés est restée faible, avec seulement quatre cas recensés.
La Suisse compte actuellement 30 meutes établies sur son territoire national et 10 meutes transfrontalières. Environ 350 loups ont été détectés durant la période d’observation, présents dans neuf cantons, dont le Valais, Vaud, Neuchâtel, les Grisons, Glaris, Saint-Gall, le Tessin, ainsi que Schwyz et Obwald où des meutes ont été observées pour la première fois.
Malgré l’augmentation du nombre de meutes, l’OFEV estime que la croissance exponentielle de la population est désormais freinée, bien qu’il faille confirmer cette tendance sur plusieurs années. Les dommages aux troupeaux ont diminué, revenant à des niveaux comparables à ceux observés entre 2020 et 2021. Pour la période du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, des indemnisations ont été demandées pour 808 animaux de rente, totalisant 695 774 francs suisses, soit environ 730 000 euros, contre 1157 animaux lors de la période précédente.
En revanche, le montant total des indemnisations a augmenté, ce qui pourrait être attribué à une hausse des attaques sur les bovins, dont les réparations sont plus élevées que celles des ovins et caprins. Les autorités suisses soulignent que seule l’observation sur plusieurs périodes permettra de confirmer cette stabilisation dans le temps.
En France, cette stratégie suisse est suivie avec attention et pourrait relancer un débat sur la gestion du loup. Le modèle helvétique, qui combine tirs préventifs et protection des troupeaux, est souvent cité comme une approche plus interventionniste que celle de l’Union européenne, où les marges de régulation restent très encadrées.
Source : Office fédéral de l’environnement (OFEV)





