
L’ancien Premier ministre espagnol Zapatero sous enquête pour trafic d’influence
L’ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, proche de l’actuel Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, fait l’objet d’une enquête pour des allégations de trafic d’influence et d’autres crimes, a annoncé mardi la plus haute cour criminelle du pays. Il devient ainsi le premier ancien ou actuel Premier ministre espagnol à être formellement investigué par la justice depuis le retour de la démocratie en Espagne, après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.
Cette annonce intervient alors que Pedro Sánchez est également sous pression en raison d’une enquête sur des allégations de pots-de-vin impliquant des membres clés de son entourage, ainsi que des investigations concernant sa femme et son frère.
Pourquoi Zapatero est-il sous enquête ?
L’enquête fait partie du cas dit « Plus Ultra », qui concerne le sauvetage financier de la compagnie aérienne nationale Plus Ultra par le biais de la société d’État SEPI pendant la pandémie de coronavirus. Le plan de sauvetage, d’un montant de 53 millions d’euros (62 millions de dollars), a été mis en place en 2021, plusieurs années après que Zapatero ait quitté ses fonctions en 2011, et provient des fonds de relance liés à la COVID-19.
Les critiques estiment que Zapatero aurait pu faciliter cette aide, car il est connu pour avoir maintenu des liens commerciaux au Venezuela, où se trouvent certains des actionnaires de Plus Ultra. Il a été convoqué pour témoigner devant un juge le 2 juin.
La Haute Cour examine si le sauvetage a été approuvé correctement, les partis d’opposition affirmant que la compagnie aérienne ne constituait pas un atout stratégique clair, tout en remettant en question sa situation financière et ses liens avec le Venezuela.
Critiques fortes de l’opposition
Le Parti populaire (PP), principal parti d’opposition conservateur, a souligné les liens d’affaires de Zapatero avec le Venezuela depuis son départ du gouvernement. Mardi, le parti a décrit l’ancien Premier ministre comme la « muse » de Sánchez, soulignant que les deux hommes font face à des allégations de corruption.
Le Parti socialiste a défendu Zapatero, suggérant que l’enquête était politiquement motivée. Selon le parti, la période de Zapatero a été « marquée par un programme ambitieux d’extension des droits, de l’égalité et de la protection sociale », des avancées que la droite et l’extrême droite ne lui ont jamais pardonnées.
Zapatero, qui a été Premier ministre de 2004 à 2011, a déjà nié toute malversation lors d’une audition au Sénat en mars. Pendant son mandat, il a supervisé des politiques majeures, notamment le retrait des troupes espagnoles d’Irak et la légalisation du mariage entre personnes de même sexe.
Source : DW.com




