« Il faut absolument renforcer l’autonomie alimentaire des îles », Georges Birault veut revitaliser les activités agricoles sur les îles du Ponant

Il faut absolument renforcer l’autonomie alimentaire des îles

[A L’ANTENNE] Georges Birault, ancien maraîcher installé sur l’île d’Yeu, tire la sonnette d’alarme. Actuellement, seulement 10 % des produits consommés sur les îles du Ponant sont produits localement. Les terres agricoles, jadis cultivées, ont souvent été transformées en jardins pour résidences secondaires. Birault s’engage à revitaliser l’agriculture insulaire pour assurer un avenir durable à ces territoires.

Sur le trajet en bateau vers son domicile, il résume la situation : « Vous imaginez que 90 % des produits consommés sur l’île arrivent du continent. Si demain, il n’y a plus de transport, comment fait-on ? Il faut que les îles puissent être autonomes. »

Birault évoque avec nostalgie une époque où chaque famille cultivait son propre jardin. « Les jardins potagers ont été vendus pour faire des résidences secondaires », déplore-t-il. En réponse à cette crise, il a fondé le Réseau agricole des îles Atlantique (RAIA) pour promouvoir l’agriculture locale.

Les chiffres sont alarmants : sur les quinze îles habitées du Ponant, seulement 110 exploitations agricoles sont recensées, représentant 184 personnes vivant de l’agriculture. Certaines îles, comme l’île de Sein et l’île aux Moines, n’ont plus d’agriculteurs. Sur l’île d’Yeu, il ne reste que 250 hectares de terres agricoles pour une superficie totale de 2 500 hectares.

Les obstacles à l’installation de nouveaux agriculteurs sont nombreux. La spéculation foncière est élevée, rendant difficile l’accès à des terres agricoles pour les jeunes. Birault explique que les propriétaires hésitent à louer leurs terres, préférant les conserver en vue d’un éventuel développement immobilier.

Cependant, un vent de changement commence à souffler. Depuis 2022, la commune de l’île d’Yeu a mis en place une ferme maraîchère destinée à fournir des légumes et petits fruits aux restaurants collectifs de l’île. Les circuits courts se développent, et les restaurateurs s’efforcent de consommer local.

Sur le plan politique, des amendements récents visent à faciliter l’établissement d’infrastructures agricoles sur les îles. Un amendement voté le 20 février 2023 propose de permettre aux territoires insulaires de « préserver et développer des infrastructures agricoles et alimentaires », ouvrant la voie à un avenir plus autonome pour l’agriculture insulaire.

Ces initiatives offrent un nouvel espoir pour l’avenir de l’agriculture sur les îles, un enjeu crucial pour leur durabilité et leur autonomie alimentaire.

Source : France Télévisions

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