
Hantavirus en France : Surveillance, Symptômes et Prévention
Les hantavirus, transmis principalement par certains rongeurs sauvages, représentent un enjeu de santé publique en France. L’infection humaine se produit principalement par inhalation de particules provenant d’urines, de salive ou d’excréments de rongeurs infectés, notamment dans des espaces fermés mal ventilés comme les caves, greniers et bâtiments agricoles. « L’hantavirus n’est pas un virus émergent », souligne la Pr Anne Goffard, médecin virologue au CHU de Lille et chercheure au Centre Infection et Immunité de Lille.
En Europe, et plus particulièrement dans le nord-est de la France, le virus de Puumala, porté par le campagnol roussâtre, est le principal hantavirus identifié. Les Hauts-de-France, incluant l’Avesnois et une partie du département du Nord, sont considérés comme des zones historiques d’endémie. L’infection peut provoquer une « néphropathie épidémique », caractérisée par fièvre, douleurs musculaires, fatigue et atteinte rénale transitoire. Des formes plus sévères, bien que rares, peuvent également survenir.
Les hantavirus présents en Amérique peuvent provoquer des atteintes pulmonaires graves, impliquant des syndromes respiratoires sévères. Des cas récents sur le navire de croisière MV Hondius, reliant l’Argentine à l’Europe, ont été signalés, avec plusieurs décès dus à des détresses respiratoires. Le virus des Andes, identifié chez certains patients, est l’un des rares hantavirus à avoir montré une transmission interhumaine limitée. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment recommandé un renforcement de la surveillance épidémiologique en Amérique latine, où les infections sont en hausse, malgré un risque épidémique jugé relativement faible.
La prévention repose sur la réduction de l’exposition aux rongeurs et à leurs déjections. Il est conseillé d’aérer les locaux avant nettoyage, d’éviter l’aérosolisation des poussières contaminées, et de porter des gants et un masque si nécessaire. Limiter l’accès des rongeurs aux habitations est également crucial.
Bien que les cas de hantavirus en France restent rares, avec un peu plus de 2 000 cas recensés sur une vingtaine d’années, une surveillance active est maintenue, notamment dans les zones d’endémie. Les 33 instituts du réseau international des instituts Pasteur sont mobilisés pour lutter contre ces maladies au niveau mondial. Ces infections soulignent l’importance d’une approche intégrée « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale.
Source : Pr Anne Goffard, CHU de Lille, Institut Pasteur de Lille.



