
Guerre au Moyen-Orient : une récession se profile-t-elle en Europe ?
La guerre au Moyen-Orient a eu un impact significatif sur l’économie mondiale, provoquant une forte chute de l’activité commerciale dans la zone euro. Selon une enquête rapide sur l’indice des directeurs d’achat (PMI) publiée par S&P Global, l’indice composite flash de la zone euro a enregistré une baisse à 48,6 en avril, contre 50,7 en mars, indiquant une contraction de l’économie.
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Le secteur des services, moteur de la reprise de l’Union européenne prévue pour 2025, a connu sa plus faible performance depuis les fermetures dues à la pandémie au début de l’année 2021. Les coûts des intrants ont atteint leur niveau le plus élevé depuis plus de trois ans, tandis que la confiance des entreprises a chuté à son plus bas niveau depuis la fin de 2022.
L’indice PMI à son niveau le plus faible depuis plus d’un an
L’indice PMI des services est tombé à 47,4, représentant le niveau le plus bas depuis les fermetures pour cause de pandémie. Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, a déclaré : « La zone euro est confrontée à des difficultés économiques croissantes dues à la guerre au Moyen-Orient. »
Paradoxalement, l’industrie manufacturière a enregistré une légère amélioration, avec un indice PMI passant de 51,6 à 52,2, atteignant un plus haut de près de quatre ans. Cependant, cette hausse est trompeuse, car elle est principalement due à des commandes anticipées en prévision de pénuries et d’augmentations de prix.
Conséquences économiques
Les délais de livraison des fournisseurs dans le secteur manufacturier se sont allongés, atteignant des niveaux inédits depuis juillet 2022, en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement causées par le conflit. Les coûts des intrants ont également augmenté à leur rythme le plus rapide depuis la fin de 2022, renforçant les signes de stagflation.
Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro, prévoyant une croissance de 1,1 % en 2026, contre 1,4 % en 2025. Les prévisions de croissance pour l’Allemagne ont également été ajustées à la baisse, avec une contraction de l’activité pour la première fois depuis près d’un an.
Perspectives d’avenir
Les données récentes ont placé la Banque centrale européenne (BCE) dans une position délicate, devant décider d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt face à une inflation persistante. Les marchés évaluent actuellement une probabilité de 72 % d’une hausse des taux en 2026, une augmentation notable par rapport aux prévisions précédentes.
Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, couplées à la hausse des prix de l’énergie, pourraient peser lourdement sur l’économie européenne, laissant présager des défis économiques à venir.
Source : S&P Global Market Intelligence.





