Grève des ambulanciers du CHU de Toulouse : « À l'hôpital ou à Airbus, c'est l'ouvrier qui trinque ! »

Grève des ambulanciers du CHU de Toulouse : « À l’hôpital ou à Airbus, c’est l’ouvrier qui trinque ! »

Depuis le 11 mai, les ambulanciers du CHU de Toulouse sont en grève illimitée, soutenus par les syndicats Sud Santé et CGT CHU. Ce mouvement, qui a vu 20 des 38 ambulanciers se mobiliser, fait suite à un an de négociations infructueuses avec la direction. Les travailleurs réclament l’obtention de la NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire) ou de l’IFR (Indemnité de Fonction et de Responsabilité), d’un montant de 118 euros, en complément de leur salaire.

Les revendications des ambulanciers sont jugées légitimes, notamment face à l’augmentation de la charge de travail qui inclut des tâches complexes non mentionnées dans leur fiche de poste. Ils assurent des missions à risque, telles que les transports SAMU, le transport de personnes décédées et le transport de patients lourds, sans bénéficier de formations adéquates. Thierry Cubury, ambulancier en grève, souligne : « À les écouter, on a l’impression qu’on transporte des cartons ou des palettes. C’est normal que nous soyons récompensés par rapport aux gestes techniques et au surplus qu’on nous demande, et pourtant on n’est pas entendus. »

Actuellement, la direction du CHU refuse d’accéder à leurs demandes, affirmant que les grilles salariales et les indemnités sont conformes à la réglementation. Thierry explique que le directeur de pôle a indiqué qu’il n’avait pas le droit d’accorder la NBI. Cette position est contestée par les ambulanciers qui insistent sur le fait que d’autres CHU en France bénéficient de cette prime.

Le CHU de Toulouse face aux coupes budgétaires

Le CHU de Toulouse est sous pression, avec un état d’urgence permanent dans le secteur hospitalier. En janvier, la direction a déclenché un « plan blanc » pour faire face à l’afflux de patients pendant les épidémies hivernales, révélant ainsi une fragilité structurelle, notamment un manque de médecins. En novembre, les urgences avaient annoncé une fermeture partielle, ne prenant plus en charge que les urgences vitales, laissant de nombreux patients sans soins appropriés.

De plus, fin 2025, la direction a retiré une prime accordée aux soins critiques, ce qui a suscité le soutien d’autres secteurs de l’hôpital, tels que la cardiologie et les services gériatriques.

Contexte économique et social

La grève des ambulanciers s’inscrit dans un contexte plus large de mécontentement face aux coupes budgétaires et à l’augmentation du coût de la vie. En France, l’inflation a atteint 4,9 % sur un an en mai 2023, impactant les travailleurs. Les ambulanciers demandent également une augmentation de 400 euros et l’indexation des salaires sur l’inflation, soulignant que le point d’indice est resté gelé depuis 20 ans.

Thierry déclare : « C’est toujours l’ouvrier qui trinque, que ce soit à Airbus, à l’hôpital, chez les enseignants, c’est toujours les travailleurs qui sont lésés. »

Les ambulanciers prévoient une mobilisation ce lundi 17 mai à 6 heures du matin à l’Hôtel-Dieu pour faire entendre leurs revendications.

Source : Révolution Permanente.

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire