Les écogestes : reprise en main de son quotidien ou dépolitisation de l’écologie ?

Les écogestes : reprise en main de son quotidien ou dépolitisation de l’écologie ?

Les actions écologiques du quotidien, telles que trier, économiser l’eau, ou réduire le chauffage, sont perçues par certains comme des moyens de « prendre soin » de l’environnement. Fanny, une citoyenne engagée, souligne que ces gestes sont des efforts à une échelle personnelle, sans prétendre changer le monde au sens large. Cependant, face à l’ampleur de la crise écologique, ces écogestes peuvent également sembler dérisoires. Ben, un autre témoin, compare cette approche à « vider l’océan avec une cuillère trouée ».

Un levier pour l’État

Ces gestes sont souvent valorisés par l’État, qui y voit un moyen de se soustraire à des transformations structurelles. En encourageant les citoyens à agir, les gouvernements évitent de s’attaquer aux véritables responsables du chaos climatique. Hugo, écologue, note que cette stratégie a « individualisé, voire invisibilisé » la lutte collective pour l’environnement.

Lobbies et responsabilité

La promotion des écogestes est devenue omniprésente dans les politiques environnementales, avec des campagnes publicitaires soulignant des actions individuelles comme le covoiturage ou la réduction de la consommation énergétique. Les chercheurs, comme Mélusine Boon-Falleur, expliquent que cela est plus facile à mettre en œuvre et à évaluer qu’une approche systémique. Cependant, cette focalisation sur l’individu détourne l’attention des entreprises, souvent pointées du doigt pour leur rôle dans la crise.

Une écologie de classe

Des critiques émergent, notamment de la part de militants comme Clément Sénéchal, qui dénonce un « écocitoyennisme moral » qui privilégie la responsabilité individuelle sur la lutte collective. Cette vision peut marginaliser ceux qui n’ont pas les moyens d’adopter des comportements jugés « écoresponsables ».

Vers une valorisation des pratiques populaires

Pour certains experts, il est crucial de valoriser les pratiques écologiques des classes populaires, souvent invisibilisées. Sarah-Maria Hammou propose d’élargir la définition des écogestes pour inclure des actions collectives et militantes, soulignant que l’engagement citoyen peut également passer par des actions au sein de communautés.

Conclusion

L’écologie du quotidien, bien que souvent perçue comme dépolitisée, peut servir de tremplin vers un engagement collectif. Les écogestes, loin d’être une fin en soi, pourraient être une porte d’entrée vers une mobilisation plus large pour des changements structurels nécessaires à la lutte contre le changement climatique.

Source : Reporterre

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire