Marne - Économie - « On vit un choc conjoncturel majeur » : les entreprises du Grand Est réclament un plan d'urgence

Marne – Économie : « On vit un choc conjoncturel majeur » : les entreprises du Grand Est réclament un plan d’urgence

À l’initiative de la CCI Grand Est, une vingtaine d’organisations ont dressé un état des lieux préoccupant de la situation des entreprises du territoire, face à la crise énergétique mondiale. Ces acteurs économiques ont formulé cinq propositions auprès de l’État.

Face aux répercussions économiques de la guerre en Iran déclenchée par les États-Unis et Israël, les acteurs économiques du Grand Est tirent la sonnette d’alarme. Fin avril, la CCI Grand Est a rassemblé des organisations patronales, fédérations professionnelles et instances consulaires pour dresser un état des lieux inédit de la situation régionale. Cette mobilisation, présentée comme une première, illustre « l’urgence et la gravité de la conjoncture », consécutive au blocage du détroit d’Ormuz.

Dans un contexte géopolitique tendu, les échanges ont révélé des difficultés d’une ampleur rarement observée. Les entreprises font face à des tensions de trésorerie accrues, aggravées par des retards de paiement, notamment de certains donneurs d’ordre publics et industriels. À cela s’ajoutent une hausse rapide des coûts de l’énergie et des matières premières, parfois jusqu’à 30 % en quelques semaines, ainsi que des perturbations majeures des chaînes d’approvisionnement. Engrais, emballages, composants plastiques : les pénuries se multiplient, désorganisant l’ensemble de la logistique, y compris le transport fluvial.

Le ralentissement de l’activité touche désormais la plupart des secteurs : bâtiment, automobile, agroalimentaire, commerce ou artisanat. Ils sont affectés par l’attentisme des consommateurs et la baisse du panier moyen. « On vit un choc conjoncturel majeur, les entreprises ont du mal à l’absorber », souligne Jean-Paul Hasseler, président de la CCI Grand Est. En général, une crise impacte deux ou trois secteurs. Aujourd’hui, tous sont touchés. Selon lui, la trésorerie constitue « la problématique la plus partagée ».

Sur le terrain, les effets sont déjà tangibles. Édouard Haag, président de la brasserie alsacienne Meteor, décrit une situation critique : « L’industrie agroalimentaire est très sensible à l’augmentation du coût de l’énergie, mais on constate aussi des pénuries. Certains intrants ne sont plus disponibles et la production de gaz carbonique alimentaire, par exemple, est à l’arrêt. » Il alerte également sur les conséquences à moyen terme : « Cette crise intervient au moment où nous devons investir massivement dans la transition écologique et l’intelligence artificielle, alors que nos marges se réduisent. C’est une bombe à retardement, car on pourrait se retrouver, à moyen terme, avec un retard de compétitivité important. »

À l’issue de cette concertation, cinq priorités ont été identifiées pour soutenir le tissu économique. Les acteurs appellent d’abord à des mesures d’urgence pour la trésorerie, notamment via des prêts adaptés. Ils demandent également le respect strict des délais de paiement et la généralisation des clauses de révision des prix dans les contrats. Parmi les propositions figurent aussi un moratoire sur certaines normes et le report de dispositifs d’éco-taxation. Enfin, ils plaident pour un soutien renforcé à l’économie locale, à travers la commande publique et l’achat de proximité.

Une délégation a été reçue, mardi 5 mai, par Amaury de Saint-Quentin, préfet de la région Grand Est, pour présenter un diagnostic unanime et des propositions opérationnelles à court terme. « Il a été très à l’écoute », s’est réjoui le président de la CCI Grand Est. « Nos propositions seront remises aux pouvoirs publics et aux collectivités territoriales. »

Source : CCI Grand Est

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire