
Vrai ou faux : Près de la moitié des « jeunes » Français n’ont-ils « jamais entendu parler de la Shoah » ?
Publié le 29/04/2026 à 17:13
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La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a récemment affirmé sur X que 46 % des jeunes Français n’ont « jamais entendu parler de la Shoah ». Cette déclaration s’appuie sur une étude d’opinion commandée par une ONG internationale, mais elle semble diverger des résultats d’autres enquêtes menées en France.
En France, l’enseignement du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale est intégré dans le programme scolaire à tous les niveaux. Toutefois, la question de la connaissance de l’Holocauste parmi les jeunes est complexe. Lors d’une publication commémorative, Braun-Pivet a émis l’inquiétude que près de la moitié des jeunes n’aient pas connaissance de cet événement historique majeur.
La statistique citée par Braun-Pivet provient d’un sondage réalisé par la Claims Conference, une ONG qui se consacre à la mémoire de l’Holocauste. Menée par Global Strategy Group et publiée en janvier 2025, cette étude révèle que 22 % des Français n’ont jamais entendu parler des termes « Holocauste » ou « Shoah », un chiffre qui grimpe à 46 % chez les jeunes âgés de 18 à 29 ans. En comparaison, d’autres pays étudiés affichent des taux de méconnaissance variant de 2 % à 6 %.
Cependant, ces données ne reflètent pas les résultats d’études menées par l’institut Ifop. Dans un sondage de 2018, seulement 10 % des Français affirmaient ne jamais avoir entendu parler du « génocide des Juifs ». Les résultats indiquent également que 21 % des jeunes de 18 à 24 ans ne sont pas familiers avec le sujet, tandis que seulement 2 % des personnes âgées de 65 ans et plus partagent cette ignorance.
Des études plus récentes de l’Ifop, menées en 2020 et 2022, montrent que 86 % des jeunes de moins de 25 ans affirment avoir entendu parler du génocide des Juifs. Malgré cela, près de la moitié d’entre eux estiment que l’Holocauste a causé moins de 5 millions de morts, ce qui souligne un besoin d’amélioration dans la transmission des connaissances.
La différence dans la terminologie utilisée pour interroger les jeunes pourrait également jouer un rôle dans les résultats. L’ONG Claims Conference utilise les termes « Holocauste » et « Shoah », tandis que l’Ifop se concentre sur « génocide des Juifs », un terme peut-être mieux compris dans le contexte éducatif français.
Enfin, bien que l’enseignement de la Shoah soit omniprésent dans les manuels scolaires, des études indiquent que la jeunesse reste la population la moins informée sur ce sujet. Des facteurs tels que la diversité des sources d’information et l’accès accru aux plateformes numériques pourraient contribuer à cette situation.
Source : Franceinfo





