« Crise de l’enseignement  : ce qui se cache derrière cette expression

Crise de l’enseignement : ce qui se cache derrière cette expression

Le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan a révélé en juin dernier qu’à la rentrée de 2024, 3 200 postes d’enseignant restaient vacants. Bien que la situation se soit améliorée pour la rentrée 2025, avec 1 978 postes non pourvus, le problème demeure préoccupant. Cela signifie que près de 2 000 cours sur le territoire ne pouvaient pas être assurés par manque de professeurs. Cette crise se distingue des précédentes que l’Éducation nationale a connues.

Selon Joanna Barasz, auteur de l’étude « Enseigner : une vocation à reconstruire, un équilibre à restaurer », les crises de l’éducation au XXe siècle étaient ponctuelles, souvent liées à des variations démographiques ou à des exigences accrues lors du recrutement. En revanche, la crise actuelle est qualifiée de « structurelle », durable et nécessitant une refonte des systèmes en place.

Depuis les années 2000, le nombre de candidatures pour les postes d’enseignants a diminué, avec un léger rebond en 2014. En 2024, 9 945 postes étaient offerts, mais seulement 29 412 candidats s’étaient présentés, bien en deçà des 39 780 nécessaires pour garantir un recrutement de qualité. Cela laisse peu de marge pour assurer la compétence des futurs professeurs.

La crise n’est pas uniforme à travers le pays. Certaines académies, comme celles de Versailles et de Créteil, ainsi que certaines matières, comme les mathématiques et les lettres modernes, sont plus touchées. La perte d’attractivité des concours est une tendance qui semble difficile à inverser à court terme. En outre, les inscriptions aux formations menant aux métiers de l’enseignement ont chuté de 23 % entre 2016 et 2023.

La situation s’accompagne d’une augmentation des départs volontaires des enseignants, qui sont passés de 2 % des départs en 2012-2013 à 15 % en 2022-2023. Bien que le métier d’enseignant soit perçu positivement par la population, les professionnels ressentent une dévalorisation de leur statut et des conditions de travail dégradées.

Un manque de reconnaissance de la profession, des relations de plus en plus difficiles avec les parents d’élèves et un soutien hiérarchique jugé insuffisant contribuent à cette crise. En 2019, 42 % des enseignants estimaient être mal payés, un sentiment partagé par seulement 20 % des cadres du secteur privé.

Les enseignants continuent de voir leur travail comme porteur de sens, mais des éléments extérieurs menacent cette perception. Les défis actuels posent la question de l’attractivité et de la pérennité du métier d’enseignant en France.

Source : Haut-Commissariat à la stratégie et au plan

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