
Iran : Narges Mohammadi « entre la vie et la mort », selon son avocate
L’Iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix, est hospitalisée en urgence et se trouve « entre la vie et la mort », selon son avocate, Me Chirinne Ardakani. Cette déclaration a été faite lors d’un point presse à Paris, où l’avocate a exprimé une profonde inquiétude pour la vie de la militante, détenue en Iran depuis décembre. « Nous n’avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, elle risque à tout moment de nous quitter », a-t-elle affirmé.
Narges Mohammadi, âgée de 54 ans, a été transférée début mai de la prison de Zanjan à un hôpital, suite à une grave détérioration de son état de santé, incluant deux épisodes de perte de conscience et une crise cardiaque, comme l’indique un communiqué de sa fondation. « On ne se bat pas que pour sa liberté, on se bat pour que son cœur continue de battre », a ajouté Me Ardakani.
Jonathan Dagher, responsable du Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF), a souligné l’urgence de la situation, déclarant que c’est la première fois qu’un risque de mort est évoqué concernant Mohammadi. Il a appelé à une action immédiate pour éviter une tragédie.
Les deux enfants de Narges Mohammadi et son mari résident à Paris. Me Ardakani a également exhorté le président Emmanuel Macron à adopter une position plus ferme sur cette affaire. « Nous attendons du président une position forte. Je ne pense pas que ce soit excessif », a-t-elle déclaré.
En prison, Mohammadi a perdu 20 kg et éprouve des difficultés à s’exprimer, étant décrite comme « méconnaissable » par rapport à son état avant son arrestation. Ses soutiens demandent son transfert à Téhéran pour recevoir des soins de son équipe médicale personnelle.
Arrêtée le 12 décembre à Mashhad après avoir critiqué les autorités religieuses lors d’une cérémonie funéraire, Narges Mohammadi a été condamnée en février à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, ainsi qu’à un an et demi pour propagande contre le système islamique iranien. Son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict a conduit à plusieurs incarcérations au cours des 25 dernières années.
Source : AFP





